Charles DarwinChapitre IIL’Origine des espèces(1906)CHAPITRE II.de la variation à l’état de nature.Variabilité. — Différences individuelles. — Espèces douteuses. — Les espèces ayant un habitat fort étendu, les espèces très répandues et les espècescommunes sont celles qui varient le plus. — Dans chaque pays, les espèces appartenant aux genres qui contiennent beaucoup d’espèces varient plusfréquemment que celles appartenant aux genres qui contiennent peu d’espèces. — Beaucoup d’espèces appartenant aux genres qui contiennent un grandnombre d’espèces ressemblent à des variétés, en ce sens qu’elles sont alliées de très près, mais inégalement, les unes aux autres, et en ce qu’elles ont unhabitat restreint.variabilité.Avant d’appliquer aux êtres organisés vivant à l’état de nature les principes que nous avons posés dans le chapitre précédent, ilimporte d’examiner brièvement si ces derniers sont sujets à des variations. Pour traiter ce sujet avec l’attention qu’il mérite, il faudraitdresser un long et aride catalogue de faits ; je réserve ces faits pour un prochain ouvrage. Je ne discuterai pas non plus ici lesdifférentes définitions que l’on a données du terme espèce. Aucune de ces définitions n’a complètement satisfait tous lesnaturalistes, et cependant chacun d’eux sait vaguement ce qu’il veut dire quand il parle d’une espèce. Ordinairement le terme espèceimplique l’élément inconnu d’un acte créateur distinct. Il est presque aussi difficile de définir le ...