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190
pages
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Français
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Ebooks
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2019
Description
Femme moderne alliant les rôles d’épouse et de maman avec une vie professionnelle intense et exigeante, Pascale entame à l’approche de la quarantaine un chemin d’évolution qui la conduit vers une plus grande conscience d’elle-même et du monde. Au fur et à mesure de son parcours initiatique, elle découvre, comprend, s’allège, et enfin s’offre la liberté d’être.
En une narration humble et légère, elle relate son burn-out, sa séparation ainsi que son processus d’individuation, cette transition qui s’opère au milieu de la vie.
Cadeau ! se dévore comme un roman. Témoignage et partage, il est cependant bien plus qu’un roman. Lecteurs comme lectrices sont touchés au plus profond d’eux-mêmes, car ce chemin d’évolution et les prises de conscience qui le jalonnent sont universels et donnent écho à leur propre histoire.
LES LIMITES DU CAMÉLÉON Je me souviens d’une immense lassitude, d’un profond soulagement d’être autorisée à m’arrêter, mais aussi du sentiment perturbant de ne plus me reconnaître moi-même. La métaphore qui me venait à l’esprit pour me décrire était celle d’un train à grande vitesse qui avait pris la route quatorze ans plus tôt et qui était désormais à l’arrêt parce que sa locomotive était cassée....Moi qui étais habituée à l’hyperactivité et à l’hyper efficacité, je ne me reconnaissais plus. La perspective de devoir en une même journée me rendre chez le médecin et aller chercher mes filles à l’école me paraissait insurmontable et me provoquait une profonde angoisse. Je vivais au ralenti. Les tâches les plus simples devenaient des montagnes. Je ne me sentais pas en dépression, non, je pouvais me lever le matin et je n’éprouvais pas l’envie de pleurer toute la journée. Mais, – je ne peux pas mieux le dire – tout était trop. Je n’arrivais plus à avancer ni à assumer le minimum.Que m’arrivait-il … ? Mon entourage ne me reconnaissait plus non plus. Croyez-moi, c’était paniquant ! J’avais peur de rester dans cet état, de ne jamais retrouver mon énergie, de ne plus pouvoir fonctionner comme avant. « Rassure-toi, m’a dit mon amie infirmière Brigitte. Bien sûr, tu redeviendras comme avant. Je peux te l’assurer. J’ai connu d’autres femmes à qui c’est arrivé. » Je m’accrochais à cette promesse comme un noyé s’agrippe à une bouée qui lui tient la tête hors de l’eau. Pendant trois mois, je n’ai pu ni lire ni regarder la télévision, ni même écouter de la musique. Mon cerveau était saturé. Je me contentais donc de faire chaque jour le minimum nécessaire et de laisser s’écouler le temps au rythme le plus lent que j’aie jamais connu. Je n’avais de toute façon pas d’alternative.« Il vous faudra du temps, décréta le Docteur F. lors de notre première rencontre. Le temps est une composante importante de ce qui vous arrive. Vous avez mis des années à vous épuiser, ce n’est pas en quelques jours que vous allez vous en remettre ! » Cette prophétie à la fois m’affolait et me rassurait. J’avais tellement besoin d’entendre que j’allais avoir du temps, qu’on allait me le donner, que je ne serais pas obligée de recommencer tout de suite. On était en avril, j’aurais supplié les médecins ou n’importe qui de m’accorder jusqu’à l’été et de ne pas m’obliger pas à reprendre le collier avant la rentrée scolaire. Le Docteur F. – que je voyais chaque semaine au début et tous les quinze jours ensuite – me dispensait les certificats d’interruption d’activité au compte-gouttes. Mis bout à bout, ils m’ont finalement conduite jusqu’à la mi-septembre. Mais je me serais sentie tellement soulagée si j’avais pu le savoir d’emblée et vivre cette période avec cette sécurité rassurante.A celles et ceux qui seraient confrontés à un pareil épuisement, je voudrais donner ce conseil : demandez du temps, prenez du temps, acceptez le temps. Il est indispensable ! Ne soyez pas pressé, ne culpabilisez pas, ne vous imposez pas de recommencer trop vite. Vous risqueriez de rechuter, de mettre un emplâtre sur une jambe de bois, de voir votre locomotive tomber à nouveau en panne quelques kilomètres plus loin.Lors de la première consultation également, le Docteur F. a mis des mots sur ce qui m’arrivait. « Vous vivez un burn-out », m’a-t-il annoncé. Cette expression, qui fait maintenant partie du langage courant, m’était à l’époque inconnue. Je ne comprenais dès lors pas l’exacte portée de ce qu’il me disait. Mais le fait que ce médecin ait l’air de savoir et de comprendre ce qui m’arrivait – et qu’il pose sur mon état un diagnostic d’ordre médical – m’a profondément soulagée. De plus, il semblait me dire que je n’étais pas seule à avoir cette maladie et il n’avait pas l’air de s’inquiéter, même si moi j’étais complètement affolée.
En une narration humble et légère, elle relate son burn-out, sa séparation ainsi que son processus d’individuation, cette transition qui s’opère au milieu de la vie.
Cadeau ! se dévore comme un roman. Témoignage et partage, il est cependant bien plus qu’un roman. Lecteurs comme lectrices sont touchés au plus profond d’eux-mêmes, car ce chemin d’évolution et les prises de conscience qui le jalonnent sont universels et donnent écho à leur propre histoire.
LES LIMITES DU CAMÉLÉON Je me souviens d’une immense lassitude, d’un profond soulagement d’être autorisée à m’arrêter, mais aussi du sentiment perturbant de ne plus me reconnaître moi-même. La métaphore qui me venait à l’esprit pour me décrire était celle d’un train à grande vitesse qui avait pris la route quatorze ans plus tôt et qui était désormais à l’arrêt parce que sa locomotive était cassée....Moi qui étais habituée à l’hyperactivité et à l’hyper efficacité, je ne me reconnaissais plus. La perspective de devoir en une même journée me rendre chez le médecin et aller chercher mes filles à l’école me paraissait insurmontable et me provoquait une profonde angoisse. Je vivais au ralenti. Les tâches les plus simples devenaient des montagnes. Je ne me sentais pas en dépression, non, je pouvais me lever le matin et je n’éprouvais pas l’envie de pleurer toute la journée. Mais, – je ne peux pas mieux le dire – tout était trop. Je n’arrivais plus à avancer ni à assumer le minimum.Que m’arrivait-il … ? Mon entourage ne me reconnaissait plus non plus. Croyez-moi, c’était paniquant ! J’avais peur de rester dans cet état, de ne jamais retrouver mon énergie, de ne plus pouvoir fonctionner comme avant. « Rassure-toi, m’a dit mon amie infirmière Brigitte. Bien sûr, tu redeviendras comme avant. Je peux te l’assurer. J’ai connu d’autres femmes à qui c’est arrivé. » Je m’accrochais à cette promesse comme un noyé s’agrippe à une bouée qui lui tient la tête hors de l’eau. Pendant trois mois, je n’ai pu ni lire ni regarder la télévision, ni même écouter de la musique. Mon cerveau était saturé. Je me contentais donc de faire chaque jour le minimum nécessaire et de laisser s’écouler le temps au rythme le plus lent que j’aie jamais connu. Je n’avais de toute façon pas d’alternative.« Il vous faudra du temps, décréta le Docteur F. lors de notre première rencontre. Le temps est une composante importante de ce qui vous arrive. Vous avez mis des années à vous épuiser, ce n’est pas en quelques jours que vous allez vous en remettre ! » Cette prophétie à la fois m’affolait et me rassurait. J’avais tellement besoin d’entendre que j’allais avoir du temps, qu’on allait me le donner, que je ne serais pas obligée de recommencer tout de suite. On était en avril, j’aurais supplié les médecins ou n’importe qui de m’accorder jusqu’à l’été et de ne pas m’obliger pas à reprendre le collier avant la rentrée scolaire. Le Docteur F. – que je voyais chaque semaine au début et tous les quinze jours ensuite – me dispensait les certificats d’interruption d’activité au compte-gouttes. Mis bout à bout, ils m’ont finalement conduite jusqu’à la mi-septembre. Mais je me serais sentie tellement soulagée si j’avais pu le savoir d’emblée et vivre cette période avec cette sécurité rassurante.A celles et ceux qui seraient confrontés à un pareil épuisement, je voudrais donner ce conseil : demandez du temps, prenez du temps, acceptez le temps. Il est indispensable ! Ne soyez pas pressé, ne culpabilisez pas, ne vous imposez pas de recommencer trop vite. Vous risqueriez de rechuter, de mettre un emplâtre sur une jambe de bois, de voir votre locomotive tomber à nouveau en panne quelques kilomètres plus loin.Lors de la première consultation également, le Docteur F. a mis des mots sur ce qui m’arrivait. « Vous vivez un burn-out », m’a-t-il annoncé. Cette expression, qui fait maintenant partie du langage courant, m’était à l’époque inconnue. Je ne comprenais dès lors pas l’exacte portée de ce qu’il me disait. Mais le fait que ce médecin ait l’air de savoir et de comprendre ce qui m’arrivait – et qu’il pose sur mon état un diagnostic d’ordre médical – m’a profondément soulagée. De plus, il semblait me dire que je n’étais pas seule à avoir cette maladie et il n’avait pas l’air de s’inquiéter, même si moi j’étais complètement affolée.
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Publié par
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Date de parution
01 septembre 2019
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EAN13
9782363159748
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Langue
Français