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136
pages
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Français
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Ebooks
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2018
Description
Miguel Duplan a eu le Prix Carbet en 2007. Il a publié son dernier roman Chronique des monts jolis aux Éditions du Seuil. Le roman de la Martinique. Chronique de l'aliénation. Roman sur le mouvement de la Pwofitasyon, soit l'exploitation outrancière des îles.
La Martinique. Ce bout d’île empêtré dans sa singularité française accède à l’indépendance à la suite du mouvement de la Pwofitasyon : grève générale contre la vie chère et l’exploitation outrancière aux Antilles. L’indépendance des âmes est une fresque historique, dystopique, riche en saveurs, humours et humeurs créoles. Écriture somptueuse. Personnages fracassants. Sensualités débridées. Rien n’est épargné dans cette fable politique qui met face à face Jean-Baptiste de Négri, béké déchu de ses privilèges, et Moïse M’Adouba, leader noir devenu dictateur à vie.
Moïse M’adouba rêve. Forcément, il chante les enfances invrai-semblables. On n’était pas loin des plaines moutonnées du François, sur les cimes allègres de Petite France. Une bande turbulente, frères et sœurs, tête grainée, torse nu ou pas, papil-lonnait dans les environs de l’Usine du Simon et longeait sans coup férir un chemin de fer qui avait déjà fait son temps. Au premier rang de la procession, Sarah, terrible, garçon manqué, arbalète bandée raide dans ses pognes rugueuses, pour-suivait de sa haine frivole quelques colibris paresseux. Ensuite, Moïse M’adouba. Déjà longiligne, taciturne, sûr de ses choix. C’était souvent lui qui ordonnait l’attaque ou le repli. Et puis enfin, les autres, marmaille disparate, agglutinée dans les cannes du béké. Et elle fanfaronnait la marmaille. Éblouissante quand elle dansait dans la ferveur des mangues de la vieille Amandine. Et c’est ainsi, son petit carré laborieux devenait leur champ de bataille. Ils s’y cachaient. Et ils s’y perdaient. Rires. Dans les feuilles grasses des choux de Chine. Rires. Dans les fourrés épineux. Rires. Derrière le tronc des mombins. Rires. Et les parties de haut les mains prenaient racine jusqu’à la tombée de la nuit. Et jamais, au grand jamais, nul d’entre eux, rires toujours, n’entendait leur maman qui d’en bas, criait de rentrer tout de suite. Tout de suite ! Et à la fin de ces rires, un fruit comme à peine consommé. Moïse M’adouba s’agite, forcé-ment, il chante les désirs inassouvis.
La Martinique. Ce bout d’île empêtré dans sa singularité française accède à l’indépendance à la suite du mouvement de la Pwofitasyon : grève générale contre la vie chère et l’exploitation outrancière aux Antilles. L’indépendance des âmes est une fresque historique, dystopique, riche en saveurs, humours et humeurs créoles. Écriture somptueuse. Personnages fracassants. Sensualités débridées. Rien n’est épargné dans cette fable politique qui met face à face Jean-Baptiste de Négri, béké déchu de ses privilèges, et Moïse M’Adouba, leader noir devenu dictateur à vie.
Moïse M’adouba rêve. Forcément, il chante les enfances invrai-semblables. On n’était pas loin des plaines moutonnées du François, sur les cimes allègres de Petite France. Une bande turbulente, frères et sœurs, tête grainée, torse nu ou pas, papil-lonnait dans les environs de l’Usine du Simon et longeait sans coup férir un chemin de fer qui avait déjà fait son temps. Au premier rang de la procession, Sarah, terrible, garçon manqué, arbalète bandée raide dans ses pognes rugueuses, pour-suivait de sa haine frivole quelques colibris paresseux. Ensuite, Moïse M’adouba. Déjà longiligne, taciturne, sûr de ses choix. C’était souvent lui qui ordonnait l’attaque ou le repli. Et puis enfin, les autres, marmaille disparate, agglutinée dans les cannes du béké. Et elle fanfaronnait la marmaille. Éblouissante quand elle dansait dans la ferveur des mangues de la vieille Amandine. Et c’est ainsi, son petit carré laborieux devenait leur champ de bataille. Ils s’y cachaient. Et ils s’y perdaient. Rires. Dans les feuilles grasses des choux de Chine. Rires. Dans les fourrés épineux. Rires. Derrière le tronc des mombins. Rires. Et les parties de haut les mains prenaient racine jusqu’à la tombée de la nuit. Et jamais, au grand jamais, nul d’entre eux, rires toujours, n’entendait leur maman qui d’en bas, criait de rentrer tout de suite. Tout de suite ! Et à la fin de ces rires, un fruit comme à peine consommé. Moïse M’adouba s’agite, forcé-ment, il chante les désirs inassouvis.
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Publié par
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Date de parution
20 mars 2018
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EAN13
9782897125639
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Langue
Français