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520
pages
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Français
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Ebooks
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2026
Description
Je m’appelle Florence Okeke. Ce soir-là, des hommes sont entrés sans frapper. Mon père leur devait de l’argent. Beaucoup d’argent, apparemment. De l’argent qu’il n’avait pas. De l’argent qu’il avait essayé de rembourser en petites tranches, en supplications, en promesses que les hommes comme Ezékiel Barro n’acceptent pas. Ezékiel Barro. Un nom que je n’avais jamais entendu avant cette nuit-là. Un nom que je n’ai plus jamais pu oublier depuis. Il est entré le dernier, après ses hommes. Costume sombre, chaussures cirées, regard de quelqu’un qui a l’habitude d’entrer dans les maisons des autres et d’en repartir avec ce qu’il veut. Il n’a pas élevé la voix. Il n’a pas crié. Les gens vraiment dangereux ne crient jamais, je l’ai compris ce soir-là. Il a regardé mon père avec une sorte d’ennui et il a dit, dans un calme qui m’a glacé le sang : — Tu m’as fait perdre beaucoup de temps, Okeke. Mon père a tenté de parler. Il a ouvert la bouche, il a cherché ses mots, il a peut-être même cherché une issue, mais il n’y en avait pas. Il n’y en avait jamais eu. Le coup de feu a retenti avant même que j’aie pu comprendre ce qui se passait. Mon père est tombé. Et moi, j’ai crié. Je ne sais pas combien de temps j’ai hurlé. Je ne sais pas si les voisins ont entendu, si quelqu’un a appelé à l’aide, si le monde extérieur a continué de tourner pendant que le mien s’arrêtait net. Je me souviens seulement des mains qui m’ont attrapée, des mains qui n’avaient aucune douceur, et de la voix d’Ezékiel Barro qui s’adressait à ses hommes par-dessus mon épaule, comme si j’étais déjà un objet. — Elle remboursera ce qu’il me doit. Emmenez-la. C’est comme ça que ça s’est passé. Pas de négociation. Pas de pitié. Mon père venait de mourir sur le sol de notre cuisine, et moi j’avais déjà changé de statut aux yeux de ces hommes. Je n’étais plus une fille. Je n’étais plus une personne. J’étais une créance. Une somme qu’on récupère d’une façon ou d’une autre. J’ai été emmenée sans même avoir pu fermer les yeux de mon père. C’est la chose qui me pèse le plus, encore aujourd’hui. Ses yeux sont ouverts sur le carrelage de notre cuisine. Les mois qui ont suivi, je préfère ne pas les raconter dans le détail. Pas encore. Il y a des choses que les mots ne devraient pas avoir à porter, pas dans un prologue, pas au début d’une histoire, pas avant que vous ayez appris à me connaître assez pour comprendre ce que ça m’a coûté de survivre. Et puis, un soir, un autre homme est entré. Grand. Silencieux. Des yeux qui ne demandaient pas la permission de regarder. Il ne ressemblait pas aux hommes de Barro. Il ne ressemblait à personne que j’avais rencontré jusque-là. Il est entré dans cette maison comme s’il en possédait déjà chaque centimètre, il a regardé autour de lui avec ce calme particulier des gens qui n’ont plus rien à prouver à personne, et son regard s’est arrêté sur moi. Je ne sais pas ce qu’il a vu. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans sa tête ce soir-là, il ne me l’a jamais dit avec des mots clairs, parce que les hommes comme lui ne fonctionnent pas comme ça. Mais quelque chose a changé dans la pièce quand son regard m’a trouvée. Une tension différente. Une décision silencieuse. Il s’appelle Raphaël. Et il m’a prise, lui aussi.
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Écrit par
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Date de parution
06 juillet 2026
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
3 Mo