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102
pages
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Français
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Ebooks
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2026
Description
Après plusieurs années en Chine, Roé Léry est de retour au Québec afin de promouvoir un mauvais livre qu’il a écrit pour faire un coup d’argent. Quoi de mieux qu’un torchon consensuel en franglais pour séduire ses compatriotes? Arrogant et déplaisant, Roé déverse son fiel sur tout ce qui bouge, jusqu’à ce qu’une historienne et masseuse érotique l’entraîne dans une quête qui attendrira son cœur. Un roman irrévérencieux et hilarant, pour autant que l’on pratique l’autodérision!
Ce roman avait tout pour plaire aux Canadiens français. Il était écrit dans une langue pitoyable, un bichlamar dégueulatif qui, par un effet de miroir, réconfortait et confortait les lecteurs en injectant dans la littérature la pauvreté du jargon qu’ils utilisaient chaque jour. Par ailleurs, les canons de la rectitude politique étaient respectés. Les grands dépositaires de sagesse étaient des immigrants gentils et laborieux, comme ce juif qui faisait des bagels, ou encore la femme de ménage haïtienne d’Henry, qui le réconfortait en lui apportant du pouding au riz (« le meilleur au monde ») et en lui disant des proverbes de son pays (en réalité des truismes de secrétaire médicale que j’avais piqués dans de vieux numéros de Châtelaine). J’avais mis un personnage homosexuel, il était spirituel et benoît. Quant à la méchanceté dont Henry faisait preuve avec les femmes, elle était évidemment à mettre sur le compte de son chagrin d’amour. Et puis, lors de sa cure de désintoxication, il devenait ami avec une infirmière boulotte, monoparentale, latino et bouddhiste par les soins de laquelle il vivait une authentique rédemption féministe. Voilà. Les immigrants, les femmes, les homosexuels : j’avais fait de la lèche à tout le monde. Maintenant, j’estimais que j’étais en droit de vendre des livres, et même, d’en vendre des cargaisons.
Ce roman avait tout pour plaire aux Canadiens français. Il était écrit dans une langue pitoyable, un bichlamar dégueulatif qui, par un effet de miroir, réconfortait et confortait les lecteurs en injectant dans la littérature la pauvreté du jargon qu’ils utilisaient chaque jour. Par ailleurs, les canons de la rectitude politique étaient respectés. Les grands dépositaires de sagesse étaient des immigrants gentils et laborieux, comme ce juif qui faisait des bagels, ou encore la femme de ménage haïtienne d’Henry, qui le réconfortait en lui apportant du pouding au riz (« le meilleur au monde ») et en lui disant des proverbes de son pays (en réalité des truismes de secrétaire médicale que j’avais piqués dans de vieux numéros de Châtelaine). J’avais mis un personnage homosexuel, il était spirituel et benoît. Quant à la méchanceté dont Henry faisait preuve avec les femmes, elle était évidemment à mettre sur le compte de son chagrin d’amour. Et puis, lors de sa cure de désintoxication, il devenait ami avec une infirmière boulotte, monoparentale, latino et bouddhiste par les soins de laquelle il vivait une authentique rédemption féministe. Voilà. Les immigrants, les femmes, les homosexuels : j’avais fait de la lèche à tout le monde. Maintenant, j’estimais que j’étais en droit de vendre des livres, et même, d’en vendre des cargaisons.
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Publié par
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Date de parution
04 mai 2026
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EAN13
9782764457672
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
2 Mo