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112
pages
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Français
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Ebooks
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2026
Description
Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l’amour de ses proches – sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine madame Vermeulen –, grâce aussi à l’intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie. Son témoignage prend ici la forme d’un herbier, c’est-à-dire d’une collection de souvenirs semés puis recueillis dans la vaste vallée fleurie de sa mémoire, et destinés, comme dans les albums photos, à une certaine immortalité. La mort d’un être aimé est presque toujours un éboulement. Mais cette dégringolade de pierres favorise sur la pente dévalée, labourée par le mouvement impétueux du matériau, la poussée prochaine de nouvelles fleurs. C’est de cette reconfiguration d’un certain sol de l’esprit, de l’âme, des sens, de la volonté et du destin lui-même que sont nées les pages qui commencent ici. Voici la chronique d’un retour au calme, une histoire où perce sur quelques rameaux printaniers le bref bourgeon des souvenirs. Une évocation dont la manière d’être, la disposition générale s’apparentent à celles d’un jardin aux pétales peut-être abîmés, mais exposés à nouveau aux chauds rayons solaires. Voici le récit d’un chagrin apaisé.
En un sens, j’ai poursuivi à sa place, après sa mort, la collection de plantes que mon frère façonnait un peu comme on façonne une pensée fraternelle : en silence avec soi-même. Livia a raison : « Le livre que tu viens d’écrire, me fait-elle remarquer, est en définitive le prolongement de son herbier, le chapitre manquant à son œuvre stoppée il y a deux ans par la mort. Chacun de tes brefs paragraphes, semblables aux feuilles, aux fleurs, aux fruits ou aux ramilles sectionnées puis recueillies sur un arbrisseau, est un échantillon récolté dans l’inextricable forêt de ta mémoire. C’est comme si tu avais voulu, en écrivant ces pages sur ton frère, fixer le souvenir forestier et sauvage de sa vie, que tu devines avec un émerveillement de botaniste plus luxuriante, plus vaste que la tienne. » Plus vaste, c’est le mot. Deux longues années se sont écoulées depuis le soir d’octobre où je l’ai découvert allongé sur le vieux canapé de sa maison, une fiole vide à ses côtés. Je ne cesse, depuis, de me remémorer cette vie interrompue, ou restituée, de m’y faufiler, d’y chercher la lumière, mais de n’y trouver jamais que la joue tiède d’une lampe. Je devine pourtant se dresser au cœur de cette pénombre, oui, une vie plus vaste, débarrassée de ces hauts murs que le hasard, le danger, les jours de pluie et même l’amour ont imposés à la mienne. Je compte sur le peu d’avenir qu’il me reste pour fouiller encore davantage cette vie envolée, et peut-être apposer une ultime fleur sur la dernière page d’un herbier demeuré inachevé.
En un sens, j’ai poursuivi à sa place, après sa mort, la collection de plantes que mon frère façonnait un peu comme on façonne une pensée fraternelle : en silence avec soi-même. Livia a raison : « Le livre que tu viens d’écrire, me fait-elle remarquer, est en définitive le prolongement de son herbier, le chapitre manquant à son œuvre stoppée il y a deux ans par la mort. Chacun de tes brefs paragraphes, semblables aux feuilles, aux fleurs, aux fruits ou aux ramilles sectionnées puis recueillies sur un arbrisseau, est un échantillon récolté dans l’inextricable forêt de ta mémoire. C’est comme si tu avais voulu, en écrivant ces pages sur ton frère, fixer le souvenir forestier et sauvage de sa vie, que tu devines avec un émerveillement de botaniste plus luxuriante, plus vaste que la tienne. » Plus vaste, c’est le mot. Deux longues années se sont écoulées depuis le soir d’octobre où je l’ai découvert allongé sur le vieux canapé de sa maison, une fiole vide à ses côtés. Je ne cesse, depuis, de me remémorer cette vie interrompue, ou restituée, de m’y faufiler, d’y chercher la lumière, mais de n’y trouver jamais que la joue tiède d’une lampe. Je devine pourtant se dresser au cœur de cette pénombre, oui, une vie plus vaste, débarrassée de ces hauts murs que le hasard, le danger, les jours de pluie et même l’amour ont imposés à la mienne. Je compte sur le peu d’avenir qu’il me reste pour fouiller encore davantage cette vie envolée, et peut-être apposer une ultime fleur sur la dernière page d’un herbier demeuré inachevé.
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Publié par
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Date de parution
23 juillet 2026
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EAN13
9782764457702
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
4 Mo