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85
pages
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Français
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Ebooks
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2018
Description
Dans ce recueil de courts textes imprégnés de poésie et marqués par l’omniprésence des animaux, Jean-François Beauchemin dresse une sorte de bestiaire de la mémoire, revisite sa vie et ses joies grâce à une façon oubliée de voir le monde que les animaux, précisément, lui ont remémoré.
On était dans les derniers soirs du mois d’août et les vacances étaient bien finies. J’avais épuisé ce jour-là le peu d’enfance que j’avais encore en réserve et je ne savais que faire de mon coeur et de son grand escalier en colimaçon. Comme toujours lorsque je cherche à retrouver mon aplomb, j’étais allé faire quelques pas dans la forêt. Vers les sept heures, au moment où la lumière a commencé à faiblir, j’ai aperçu deux chevreuils s’élancer et se fondre au loin parmi les arbres. Le chien s’est bien sûr rué à leur poursuite, et je ne l’ai plus revu pendant de longues minutes. Puis j’ai appelé et Camus est revenu au galop, faisant craquer les branches mortes sur son passage, brisant la quiétude presque surnaturelle de ces bois. Une expression de joie pure brillait dans ses yeux. À bout de souffle, il s’est couché sur la terre et, haletant, a refusé de continuer avec moi notre promenade. Alors je suis resté près de lui, le temps qu’il recouvre ses forces. La nuit venait. Au-dessus de la clairière où nous nous tenions, le ciel bougeait imperceptiblement. J’ai écouté pendant un moment les bruits de vaisselle que font les astres en se déplaçant, puis tout s’est accéléré et en une demi-heure à peine un groupe d’étoiles levé plus tôt à l’ouest est monté au nord, entraînant à sa suite le mince croissant de lune aperçu la nuit précédente dans ma fenêtre.
On était dans les derniers soirs du mois d’août et les vacances étaient bien finies. J’avais épuisé ce jour-là le peu d’enfance que j’avais encore en réserve et je ne savais que faire de mon coeur et de son grand escalier en colimaçon. Comme toujours lorsque je cherche à retrouver mon aplomb, j’étais allé faire quelques pas dans la forêt. Vers les sept heures, au moment où la lumière a commencé à faiblir, j’ai aperçu deux chevreuils s’élancer et se fondre au loin parmi les arbres. Le chien s’est bien sûr rué à leur poursuite, et je ne l’ai plus revu pendant de longues minutes. Puis j’ai appelé et Camus est revenu au galop, faisant craquer les branches mortes sur son passage, brisant la quiétude presque surnaturelle de ces bois. Une expression de joie pure brillait dans ses yeux. À bout de souffle, il s’est couché sur la terre et, haletant, a refusé de continuer avec moi notre promenade. Alors je suis resté près de lui, le temps qu’il recouvre ses forces. La nuit venait. Au-dessus de la clairière où nous nous tenions, le ciel bougeait imperceptiblement. J’ai écouté pendant un moment les bruits de vaisselle que font les astres en se déplaçant, puis tout s’est accéléré et en une demi-heure à peine un groupe d’étoiles levé plus tôt à l’ouest est monté au nord, entraînant à sa suite le mince croissant de lune aperçu la nuit précédente dans ma fenêtre.
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Publié par
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Date de parution
29 août 2018
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EAN13
9782764437469
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
5 Mo