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334
pages
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Français
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Ebooks
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2025
Description
La salle d'attente de l'hôpital est bondée. C'est toujours ainsi les lundis. Je me demande pourquoi j'ai choisi de venir aujourd'hui. En même temps, je n'avais pas trop le choix. Depuis quelques jours, je me sens mal. Je ressens des douleurs atroces au bas-ventre et, malgré les antidouleurs pris, rien ne va. — Mademoiselle Sandjo ! Je sursaute et l'infirmière prononce de nouveau mon nom. — Sandjo Émilie... — Présente. Je me lève et me dirige vers la salle des infirmières où mes paramètres sont pris. Après cela, une infirmière m’oriente vers le bureau du médecin. — Patientez un instant, il va vous recevoir. — Merci. Elle s'en va, et je prends place sur le banc d'attente. Je suis nerveuse. C'est ma première fois chez un gynécologue, et je crains le pire. Quand la porte s'ouvre, un homme d'âge mûr m'appelle et m'invite à entrer. — Bonjour, docteur ! — Mademoiselle Sandjo Émilie, qu'est-ce qui vous amène ? J’ai honte. Comment lui dire ce que je ressens ? Il constate ma gêne et tente de me rassurer. — Je suis là pour vous, parlez sans crainte. — D'accord, docteur... Je lui explique mes symptômes en précisant que cela ne m'est jamais arrivé. — Êtes-vous sexuellement active ? — Oui, docteur. — Avez-vous plusieurs partenaires ? — Non, bien sûr que non ! Je me sens offusquée et il s'excuse, précisant qu'il cherche juste à comprendre mon problème. Ensuite, il me pose des questions sur mon cycle et, lorsqu'il termine, il m’envoie faire des examens. Je quitte son bureau, inquiète. — Seigneur, j'espère que ce n'est rien de grave ! Je n'ai pas envie d'être malade, pitié, Seigneur, écoute la prière de ton enfant. J'ai juste vingt-cinq ans, je n’ai encore rien fait de ma vie. En dehors de ma réussite professionnelle, qu'est-ce que j'ai d'autre ? Une petite voix murmure le prénom de Jerry, mon copain, mais je secoue vigoureusement la tête. Si je meurs, il m'oubliera et refera sa vie. Cette pensée me hante alors que je paie mes examens et dépose la fiche du médecin au laboratoire. On me tend un flacon urinaire et un tube à essai. — Vous allez uriner dans ce bocal, puis revenir pour le prélèvement. — D'accord. Je fais ce qu'elle m’a dit, et une heure plus tard, je suis de retour dans la salle d'attente. *** Des heures plus tard, je suis toujours assise à la même place. Mon stress est à son apogée. Lorsque la sonnerie de mon portable résonne, je sursaute et le sors de mon sac à main, en état second. — Allô ? — Tu es où ? La voix de Kevine, l'une de mes amies d'enfance, résonne à l'autre bout du fil. — À l'hôpital. — Ohh... mais ça ne va pas ? — Non... Mes larmes remontent rapidement, mais je les refoule. Je ne suis pas du genre à pleurer en public. — Ça va aller, ne t’inquiète pas. Tu en as parlé à Jerry ? — Non, je préfère d'abord savoir ce qui ne va pas. — C'est mieux. Tiens-moi au courant, okay ? Je hoche la tête et raccroche aussitôt. À peine ai-je mis fin à l'appel qu'une infirmière prononce mon nom. Je me lève comme un automate et me rends dans le bureau du médecin. — Asseyez-vous. Sa voix est grave. J’ai peur. — Mademoiselle Sandjo, nous avons procédé à vos examens et il s’avère que vous souffrez d’une IST. — IST ? Quoi ? — Oui, une infection sexuellement transmissible. — Je sais ce que c'est, docteur, mais comment ai-je pu attraper une IST ? — Comme je l’ai souligné, c’est une infection « sexuellement transmissible ». Oh mon Dieu ! Tout devient clair. Le salaud ! Comment a-t-il pu me faire une chose pareille ?! — Ne vous en faites pas, le chlamydia peut être traité facilement. Je vais vous mettre sous antibiotiques et... Il parle, mais je l'écoute à peine. Jerry, le seul homme que je fréquente depuis trois ans, m'a refilé une IST. Comment est-ce possible ? Il est toujours avec moi, aux petits soins. Il n’a jamais eu un comportement étrange... Merde ! La colère m’envahit. Je ne sais plus quoi faire. J’ai terriblement mal. Lorsque la visite médicale se termine, je me rends à la pharmacie de l’hôpital et achète mes médicaments, puis je quitte les lieux en marchant lentement. Émilie, calme-toi, me dit une petite voix en moi. Mais comment ? Ma vie se résume à mon business et mon mec. Je vois souvent mes copines, mais Jerry... Jerry... Oh mon Dieu. Je pénètre dans mon véhicule et, seule, je fonds en larmes. J’ai envie de le tuer de mes propres mains. Je pleure durant une bonne dizaine de minutes et, lorsque je parviens à me calmer, je nettoie mes lunettes et les remets en place avant de me moucher. — Jerry, tu vas me le payer. Je démarre le véhicule et retourne à mon appartement. Le lundi est mon jour de repos. Tant mieux, car je n’ai envie de voir personne. Dès que j’arrive, je balance mon sac sur le canapé et file dans ma chambre, où je me jette sur mon lit. Je recommence à pleurer. Comment ai-je pu ne pas voir ? Tous les hommes sont infidèles, me dit souvent Arlette, ma grande sœur. Mais moi, j’ai voulu y croire. J’ai vraiment cru que j’étais tombée sur le bon. Hélas... Je pleure, continuellement, et m’endors sans m’en rendre compte. En fin d’après-midi, je me réveille en sursaut. Ma tête cogne, je suis épuisée. Je me lève et m’étire douloureusement avant de prendre un bain. Une demi-heure plus tard, à peine sortie de la salle de bains, la sonnerie de mon appartement résonne. Je traîne les pieds jusqu'à la porte et tombe sur Kevine et Joyce, mes meilleures amies. — Pourquoi tu ne décroches pas quand on t’appelle ?! Joyce m'agresse et Kevine tente de temporiser. — Tu ne vois pas qu’elle se sent mal ? — Et alors ? Quand j'appelle, tu dois décrocher, madame ! Je la toise, et elle roule des yeux en pénétrant dans mon appartement. — Qu’est-ce qu’il y a, Émilie ? — Je suis malade... Dis-je en éclatant en sanglots. — Malade ? Tu souffres de quoi ?! Le cancer ? Les quatre lettres... — Ehhh, c’est quoi ton problème, Joyce ?! Kevine s’écrie, irritée. — J’ai le chlamydia ! Dis-je en pleurant de plus belle. — Ohhhh ! Joyce grimace, tandis que Kevine me prend dans ses bras. La soirée risque d’être longue, très longue et dramatique. Mais je sais qu’avec elles, je me sentirai mieux. La soirée est un véritable chaos émotionnel. Kevine et Joyce n’arrêtent pas de me poser des questions, mais je suis à peine consciente de ce qu’elles disent. Mon esprit tourne en boucle, se raccrochant à la seule idée qui me brûle : Jerry. — Tu n'as jamais eu de signe ? me questionne Kevine. — Moi, je savais ! lance Joyce d'une voix tranchante. — Pardon ? Je lui pose la question, ahurie. — Je savais qu'il te trompait. Je l'ai vu une fois à Kribi avec une fille. Mon cœur se brise. — Mais… comment as-tu pu garder une information pareille pour toi !? — Tu voulais que je fasse quoi ? — Que tu me le dises ! Je suis ton amie, merde ! Je pète un câble. — Émilie, je t'adore, mais sérieusement, quand tu es en couple, tu n'écoutes personne. — Ce n'est pas vrai ! Je riposte, furieuse. — Si ! Rappelle-toi de Paul. C'était toujours pareil, tu n'écoutais pas nos conseils. C'est seulement quand tu as vu l'alliance sur son doigt que tu t'es réveillée. — Tu… Je craque, elle a raison. — Tu aurais quand même dû me le dire. Tu es mon amie, pourquoi ? — Elle a raison, je ne suis pas d'accord Joyce. Même si Émilie est une tête de mule, tu aurais dû lui dire la vérité. — Ohhhh, ça devient mon procès maintenant ? J'aurais mieux fait de me taire ! s'exclame Joyce, furieuse. — Tu aurais dû lui dire la vérité, renchérit Kevine. — Elle n'écoute personne, elle fait les mêmes bêtises à chaque fois. Tu peux conseiller ce genre de personne ? — Hey, je te rappelle que je suis là ! M'écriai-je. — Oui, mais apprends à écouter et arrête de donner trop d'importance à tes copains. — Hum, vide ton sac une fois ! Parce qu'à t'écouter, c'est comme si tu avais mes mots. Je ne comprends pas le comportement de Joyce. — Émilie, je t'adore, mais arrête de te comporter comme si, sans un homme, tu ne pouvais pas vivre. Tu es dépendante émotionnellement. Et tu commets les mêmes erreurs à chaque fois. Je suis sûre que pour Jerry, il y avait des signes, mais tu as refusé de les voir. — Là, je suis d'accord avec Joyce, dit Kevine en hochant la tête. Je rêve ou elles se retournent contre moi ? — Vous pensez que je ne peux pas avoir une relation sans mettre le cœur ? Sans m'attacher ? — Jamais. Tu es ce type de femme que les hommes appellent pot de colle. — Les pleureuses. — Supplieuses d'amour. Wow. Elles me lancent des mots que je n'avais jamais cru possible d'entendre venant d'elles. Dans une colère sombre, je me lève et m'en vais dans ma chambre. Je n'ai plus envie de discuter. Si elles sont venues pour m'insulter, mieux vaut qu'elles partent. Quelques instants après, la porte de ma chambre s'ouvre : — Émilie, ne te fâche pas, s'il te plaît. On ne voulait pas te blesser, dit Kevine à voix basse. — Bah, c'est réussi ! — Tu dois être forte, ma chérie. Sois comme nous. Je me redresse et les fixe. — Comme vous ? Je ne me souviens pas de la dernière fois que tu as eu une relation qui a duré plus de trois mois, Joyce. Et toi, Kevine, tu as tellement peur de t'engager que tu repousses tous les hommes qui viennent vers toi. La tension s'élève dans la pièce. — Tu tires avec de vraies balles, petite, me lance Joyce sur un ton amer. — Je fais comme vous. Vous ne m'avez pas ratée, pourquoi je vous excuserais ? Elles secouent la tête. — Tu vois !? C'est exactement ce qu'on disait. Dès qu'on veut un peu te conseiller, ça devient un problème. — C'est une mamie Ngantcha ! — Maf ! Tu traites qui ainsi, Joyce ? Kevine éclate de rire et on fait de même. L'atmosphère s'adoucit. — Bon, pour revenir à Monsieur Infidèle, tu devrais le confronter et tourner la page. Je sais que c'est dur, mais c'est la vie. On tombe et on se relève. Le meilleur est devant. — D'accord, c'est compris. Elles me conseillent ensuite et je les écoute attentivement. Plus tard, Kevine fait à manger et, pendant que nous sommes assises à table pour le repas, mon portable sonne. — C'est lui ! dis-je en leur montrant l'écran de mon téléphone. — Décroche et réponds de manière naturelle, souffle Joyce. — D'accord. Je le fais et on échange. Il prend de mes nouvelles et, ne se doutant de rien, continue à jouer au petit ami aimant. Je force pour paraître sereine mais réussis à ce qu'il ne se doute de rien. Quand je raccroche, les filles me félicitent. — Tu sais ce que tu vas faire maintenant ? me demande Joyce. Je secoue la tête et elle m'explique son plan. — Tu es folle, dit Kevine. Tu veux le tuer ? — Et alors ? Il lui a refilé ça d'abord, pourquoi ? Une IST peut conduire à la stérilité ! Elle dit vrai, mais ça ne change rien à la situation. Quand on a commencé à se fréquenter, on a fait nos examens. Il n'avait rien et moi non plus. La réponse est évidente : il a chopé ça durant nos trois années de relation et il va le payer cher. Une rage m'emporte et je décide de suivre les conseils de Joyce. Je vais lui faire payer. Il va penser à moi toute sa vie. *** Quelques jours plus tard Mon état s’améliore. Les douleurs diminuent. Mais la rage, elle, reste intacte. La veille en soirée, je me suis rendue chez lui. Possédant ses clés, ça a été facile. J’ai fait sa lessive....avec un produit spécial. Ce matin, la sonnerie de mon téléphone me tire du sommeil. Encore engourdie, je décroche. — Allô, bébé ? Sa voix me donne la nausée. — Je suis rentré, chérie. On se voit ce soir ? Tu m’as trop manqué. Je ravale mon dégoût et joue le jeu. — Bien sûr, je passerai après la fermeture du restaurant. — Super ! J’ai une petite surprise pour toi. Un sourire en coin se dessine sur mon visage. — Moi aussi, mon amour. Il jubile, inconscient du piège qui l’attend. Ce soir, il tombera de haut. Me mentir était déjà une trahison, mais mettre ma santé en jeu ? Impardonnable. Il a franchi la ligne. Et il va le regretter.
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Écrit par
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Date de parution
01 septembre 2025
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
1 Mo