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65
pages
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Français
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Ebooks
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2018
Description
Maxime Olivier Moutier revisite son enfance à la lumière de celui qu’il est devenu, ou aurait pu devenir. Il se prête au jeu des souvenirs avec un sourire en coin et un admirable sens de l’exagération. Mais il y a aussi de la colère qui pointe, une colère qui ne décolère pas. Et une sensibilité qui ne dit pas son nom. Il y a, par-dessous tout, une infinité de questions sur les fondements de notre identité au regard de l’enfance.
«Trente-cinq ans plus tard, même si bien de l’eau a coulé sous les ponts, je crois encore que c’est la question de cette professeure de troisième année, en fait, qui m’a réellement traumatisé. C’est de cette parole que je me souviens le mieux. Je ne l’ai jamais oubliée. Alors que tout le reste me semble flou. Assis dans le bureau de la secrétaire, la gueule empâtée dans les gales fraîchement formées et la lèvre enflée. Les yeux bouffis. La question de cette connasse de professeure de primaire sortie de nulle part : « J’espère au moins que tu t’es excusé ? » Je dois me souvenir surtout de ne pas avoir été capable de répliquer. De ne pas avoir eu le réflexe, à l’âge que j’avais, de grimper debout sur ma chaise pour lui foutre une paire de claque à cette vieille pute, et de l’envoyer se faire voir en enfer.»
«Tous les soirs qui ont suivi, tous les soirs de semaine où Debbie venait me garder après les heures d’école, Debbie cherchait à me masturber. Et je me laissais faire. Plus besoin de bain, de mousse et d’eau chaude. Avant de faire ses devoirs, pendant qu’elle faisait ses devoirs et après avoir fait ses devoirs. En regardant Tom Selleck bondir sur la plage et faire des culbutes avec son pistolet et sa moustache ; en regardant La Petite Maison dans la prairie ; debout dans ma chambre ou dans la cuisine ; avant d’aller prendre mon bain, dans mon bain et après être sorti de mon bain. Debbie pouvait me masturber plusieurs fois chaque soir. Cinq fois, dix fois, quinze fois. C’était comme si elle ne venait désormais que pour me masturber.»
«Trente-cinq ans plus tard, même si bien de l’eau a coulé sous les ponts, je crois encore que c’est la question de cette professeure de troisième année, en fait, qui m’a réellement traumatisé. C’est de cette parole que je me souviens le mieux. Je ne l’ai jamais oubliée. Alors que tout le reste me semble flou. Assis dans le bureau de la secrétaire, la gueule empâtée dans les gales fraîchement formées et la lèvre enflée. Les yeux bouffis. La question de cette connasse de professeure de primaire sortie de nulle part : « J’espère au moins que tu t’es excusé ? » Je dois me souvenir surtout de ne pas avoir été capable de répliquer. De ne pas avoir eu le réflexe, à l’âge que j’avais, de grimper debout sur ma chaise pour lui foutre une paire de claque à cette vieille pute, et de l’envoyer se faire voir en enfer.»
«Tous les soirs qui ont suivi, tous les soirs de semaine où Debbie venait me garder après les heures d’école, Debbie cherchait à me masturber. Et je me laissais faire. Plus besoin de bain, de mousse et d’eau chaude. Avant de faire ses devoirs, pendant qu’elle faisait ses devoirs et après avoir fait ses devoirs. En regardant Tom Selleck bondir sur la plage et faire des culbutes avec son pistolet et sa moustache ; en regardant La Petite Maison dans la prairie ; debout dans ma chambre ou dans la cuisine ; avant d’aller prendre mon bain, dans mon bain et après être sorti de mon bain. Debbie pouvait me masturber plusieurs fois chaque soir. Cinq fois, dix fois, quinze fois. C’était comme si elle ne venait désormais que pour me masturber.»
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Publié par
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Date de parution
17 septembre 2018
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EAN13
9782764436561
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
1 Mo