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1483
pages
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Français
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Ebooks
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2026
Description
Un an plus tôt La sonnerie vient de retentir, mais je ne la remarque même pas. Je reste penchée sur mon téléphone, les yeux rivés sur la conversation qui vient de s’afficher à l’écran. Ma paume est moite et mon cœur cogne si fort contre ma poitrine que j’ai presque l’impression que tout le monde peut l’entendre. Rafael : J’ai une surprise pour toi. Rafael : Je t’attends à la cafétéria. Rafael : Tu me manques. Je relis les messages encore une fois. Une chaleur étrange me monte aux joues tandis qu’une boule se forme dans mon ventre. Il prépare quelque chose. J’en suis presque certaine. Et si je n’avais pas encore dans la tête les paroles de Griffin datant d’hier, je serais probablement beaucoup plus excitée à l’idée de découvrir cette fameuse surprise. — Marguerite ? Je ne réagis pas. — Marguerite, tu m’écoutes ? Je sursaute et lève enfin les yeux. Griffin me dévisage, les sourcils légèrement relevés. Elle a cette petite expression contrariée qu’elle prend chaque fois que je cesse de lui prêter attention. Son menton repose dans ses mains tandis que ses yeux gris restent fixés sur moi. — Tu étais complètement ailleurs. — Pardon. Je verrouille rapidement mon téléphone. — Qu’est-ce que tu disais ? Son visage s’éclaire immédiatement. Elle se redresse, attrape mon bras et me tire hors de ma chaise. — Je disais que je pourrais dévorer un steak entier et que si on ne va pas manger tout de suite, je vais probablement m’évanouir de faim. Un frisson me traverse. La cafétéria. Évidemment. C’est là que Rafael m’attend. Mes pieds ralentissent instinctivement, mais Griffin ne remarque rien. Elle m’entraîne déjà vers la sortie avec son enthousiasme habituel. — Griffin, attends… Trop tard. Elle passe mon bras autour du sien et m’emporte avec elle. Normalement, je ne me plains jamais de sa façon de toujours vouloir être collée à moi. J’aime même ça. Aujourd’hui, pourtant, j’aimerais qu’elle me lâche. Parce que je sais ce qui nous attend. Et surtout, je sais ce que cela risque de lui faire. Je jette un coup d’œil à son visage souriant et ma poitrine se serre. Je ne veux pas la voir souffrir. Pas elle. Pas à cause de moi. Mais je ne peux pas non plus continuer à éviter Rafael indéfiniment. Ce moment devait arriver tôt ou tard. Même si ce n’était pas aujourd’hui, il aurait fini par se produire. Alors pourquoi ai-je cette horrible sensation que quelque chose va se briser ? À mesure que nous avançons dans le couloir, chacun de mes pas devient plus difficile. La cafétéria se rapproche. Mon cœur accélère. Ma respiration se raccourcit. Seigneur… s’il te plaît. Lorsque nous franchissons enfin les portes, le bruit des conversations nous enveloppe immédiatement. La cafétéria est bondée. Des élèves occupent presque toutes les tables, certains mangent déjà, d’autres discutent bruyamment entre deux bouchées. Puis je le vois. Rafael. Il est là où il a l’habitude de s’installer avec ses amis, à la table réservée de manière officieuse aux élèves les plus populaires de l’école. Ses coéquipiers de football sont autour de lui. Les bras croisés, il semble attendre quelqu’un. Moi. Dès que nos regards se croisent, un sourire lent apparaît sur son visage. Mon estomac se noue. À côté de moi, Griffin s’arrête. Je sens ses doigts se refermer davantage autour de mon bras. — Il nous attend ? demande-t-elle avec une innocence qui me fait encore plus mal. Je ne trouve rien à répondre. Oui, Rafael déjeune parfois avec nous. Ce n’est pas nouveau. Mais après ce que Griffin m’a dit hier, je sais que ce simple déjeuner ne pourra plus jamais être innocent. Pourquoi est-ce que je n’ai rien vu venir ? Rafael quitte sa table. Il avance de quelques pas dans notre direction, puis s’arrête au milieu de la cafétéria. Et soudain, le brouhaha diminue. Un à un, les élèves se tournent vers lui. Je sens mon cœur s’affoler. Je connais ce regard. Je connais ce sourire. Et je comprends immédiatement. Il va vraiment le faire. Les papillons qui s’agitent dans mon ventre deviennent incontrôlables. C’est ridicule. Mais c’est Rafael. Rafael Stone. Le garçon capable de me faire perdre tous mes moyens avec un simple regard. Ses yeux bleus accrochent les miens. Ils sont d’une beauté presque irréelle, même si leur éclat froid peut parfois me déstabiliser. Ses cheveux légèrement ébouriffés retombent sur son front, lui donnant cet air nonchalant qui semble faire craquer la moitié des filles de l’école. Et il faut dire qu’il a tout pour attirer l’attention. La Ebonshade Manor n’est pas une école ordinaire. Les enfants des familles les plus puissantes et les plus fortunées y étudient. Mais même ici, Rafael se distingue. Il est le fils d’un politicien connu. Il est populaire, riche, beau… Et terriblement sûr de lui. Son arrogance devrait m’agacer. Au lieu de ça, elle semble avoir l’effet inverse sur la plupart des filles. — Bon, tout le monde ! Sa voix traverse la pièce. Les conversations cessent aussitôt. Tous les regards se tournent vers lui. Je sens mon bras trembler contre celui de Griffin. Rafael me regarde comme si nous étions les deux seules personnes présentes dans cette cafétéria. Je n’ai plus aucun doute. Il m’a prévenue. Plus d’une fois. Il m’a parlé de ce jour où il ferait de moi sa petite amie devant tout le monde. Il m’a même dit qu’il voulait que toute l’école sache ce qu’il ressentait pour moi. Et Rafael n’est pas du genre à dire des choses qu’il ne pense pas. Depuis que je le connais, il ne cache absolument pas son intérêt pour moi. Il m’a même avoué qu’il m’avait remarquée dès mon premier jour à la Ebonshade Manor. À l’époque, j’étais en seconde. Lui avait un an de plus. Au fil des mois, nous sommes devenus inséparables. Il sait exactement comment me faire rougir. Et le pire, c’est que je ne suis pas indifférente. J’ai des sentiments pour lui. C’est justement pour cette raison que la situation est aussi compliquée. Autour de nous, plus personne ne parle. Tout le monde attend. Je sens les regards se poser sur moi. Certaines filles me dévisagent avec une jalousie à peine dissimulée. Elles auraient probablement tout donné pour être à ma place. Mais je ne peux pas en profiter. Parce que je sens la main de Griffin quitter lentement mon bras. Elle me lâche. Je tourne légèrement la tête. Son visage me fait mal à regarder. Avant même que je puisse lui parler, Rafael reprend la parole. — Ça fait assez longtemps que j’attends ce moment, Marguerite. Sa voix est assurée. Il me fixe avec une tendresse qui me bouleverse. — Alors aujourd’hui, je vais arrêter de garder ça pour moi. Un sourire fier étire ses lèvres. Il se tourne vers les élèves. — Je veux que tout le monde ici le sache. À partir d’aujourd’hui, Marguerite Cross n’est plus disponible. Quelques murmures s’élèvent dans la salle. Puis Rafael revient vers moi du regard. Mon souffle se suspend. Il sourit légèrement. — J’aurais dû le faire depuis longtemps. Un bruit étouffé retentit près de moi. Je n’ai même pas besoin de regarder pour savoir qui vient de réagir. Pourtant, je me tourne. Griffin est là. Elle me fixe. Ses yeux gris sont remplis d’une douleur que je n’avais jamais vue auparavant. Elle recule d’un pas. Puis d’un autre. Mon cœur se serre brutalement. — Griffin… Aucun son ne sort. Je voudrais la retenir. Je voudrais lui expliquer. Mais je ne sais même pas quoi dire. Comment pourrais-je lui expliquer alors que je n’arrive déjà pas à comprendre moi-même ce que je ressens ? — Marguerite ! La voix de Rafael me ramène à lui. Je relève les yeux. Il me sourit toujours. Il semble tellement heureux. Tellement certain que ma réponse sera celle qu’il espère. Et cette confiance me déchire davantage. Parce qu’une partie de moi est heureuse. Vraiment heureuse. Mais au même moment, la culpabilité me serre la gorge. Mes yeux commencent à piquer. Je cligne rapidement des paupières pour retenir mes larmes. Rafael ne semble rien remarquer. Il attend. Il espère. Et moi, je reste là, incapable de savoir commen empêcher quelqu’un de souffrir sans faire souffrir quelqu’un d’autre. Je l’aime bien. Alors pourquoi est-ce que j’ai si peur ? Je prends une profonde inspiration. Puis Rafael pose enfin la question que je redoute depuis que j’ai reçu ses messages. — Marguerite… est-ce que tu veux être ma petite amie ?
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Écrit par
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Date de parution
15 septembre 2026
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
6 Mo