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6528
pages
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Français
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Ebooks
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2026
Description
Je m’appelle Sarath. J’ai eu dix-huit ans il y a seulement quelques jours et, officiellement, je suis enfin majeure. Enfin… seulement officiellement. Parce que dans une famille comme la mienne, avoir dix-huit ans ne change pas grand-chose. Ma mère continuera de me voir comme son petit bébé, et mon grand frère continuera de penser qu’il doit surveiller tout ce que je fais. Mais avant de vous parler de tout ça, commençons par le début. Je suis Valériens et fière de l’être. Je suis aussi peule. J’ai grandi en France, mais mes origines ont toujours occupé une grande place dans ma vie. Physiquement, je ne suis pas très difficile à reconnaître. J’ai la peau foncée, même si certaines personnes de mon entourage ont le teint encore plus foncé que le mien. Personnellement, j’aurais aimé avoir la peau un peu plus sombre, mais ce n’est pas quelque chose que l’on peut choisir. Et apparemment, avoir la peau foncée quand on est peule n’est pas si courant. Je ne compte plus le nombre de fois où, lors d’une première rencontre, on m’a demandé si j’étais sénégalaise. Pour mes cheveux, je les garde naturels. J’ai de vrais cheveux crépus, épais et très volumineux. Une véritable masse, pour être honnête. Ils m’arrivent aujourd’hui jusqu’aux épaules, mais il m’a fallu énormément de patience pour atteindre cette longueur. J’ai eu envie de les couper plus d’une fois. Je mesure 1 m 67, donc je suis dans la moyenne. Je ne suis ni très grande ni très petite. Je suis plutôt mince, même si mon poids change parfois un peu. Rien de grave. Ma mère aime d’ailleurs déjà me dire que tout changera lorsque j’aurai des enfants. Selon elle, je prendrai beaucoup de poids à ce moment-là. On verra bien. Pour ce qui est de mon caractère, je suis plutôt facile à vivre. Je suis gentille, simple et je n’aime pas chercher les problèmes. Mais il ne faut pas non plus me prendre pour une idiote. Je peux être très patiente, mais ma patience a ses limites. Lorsqu’une personne cherche volontairement à m’énerver, je ne vais pas passer des heures à discuter. Je préfère régler les choses rapidement et passer à autre chose. Il y a quelques jours, j’ai aussi obtenu mon bac L avec une mention bien. Et oui, je suis fière de moi. À la rentrée, je vais commencer des études de droit. Mon objectif est simple : devenir avocate. Incha Allah. Maintenant que vous en savez un peu plus sur moi, parlons de ma famille. Ma mère s’appelle Naïra. Et si vous la voyiez, vous comprendriez immédiatement pourquoi je suis toujours la première à dire qu’elle est magnifique. Tout le monde me répète que je lui ressemble énormément. Je ne vais pas mentir, ça me fait vraiment plaisir. Pour moi, ma mère est bien plus qu’une mère. C’est la personne la plus importante de ma vie. C’est ma confidente, ma complice, celle avec qui je peux parler de tout et rire de n’importe quoi. Nous avons une relation très particulière. Elle peut me gronder pendant cinq minutes et rire avec moi juste après. Je ne pourrais pas rêver d’une meilleure mère. Mon père s’appelait Amirou. Je dis bien « s’appelait », parce qu’il est mort lorsque j’avais environ cinq ans. C’est après sa mort que ma mère a décidé de partir en France avec nous. Malheureusement, je n’ai pas beaucoup de souvenirs de lui. J’étais encore trop petite pour me rappeler clairement de cette période. Pourtant, mon père occupe toujours une place importante dans ma vie grâce aux histoires que ma mère me raconte. Elle me parle de lui, de son caractère, de ses habitudes, de ce qu’il aimait faire… À force de l’entendre parler de lui, j’ai parfois l’impression de le connaître malgré toutes ces années. Son absence m’a surtout fait mal lorsque j’étais enfant. Je voyais mes amis parler de leurs pères, raconter leurs sorties avec eux, leurs discussions, leurs petites habitudes… Et moi, je n’avais personne avec qui partager ce genre de choses. Je faisais semblant que tout allait bien, mais parfois, ça me faisait vraiment mal. Heureusement, ma mère a toujours fait en sorte que mon frère, ma sœur et moi ne manquions de rien. Elle a porté notre famille sur ses épaules et je lui en serai toujours reconnaissante. J’ai aussi une grande sœur qui s’appelle Isiath. Elle a vingt-quatre ans. Elle est grande, tout comme notre frère Chakirou. Apparemment, cette taille vient de notre père, car tous les deux lui ressemblent énormément. Isiath est même presque son portrait craché. Et ma sœur est vraiment très belle. Avant son mariage, nous étions très proches. Nous faisions presque tout ensemble. Puis elle a quitté la maison pour aller vivre avec son mari. Je ne vais pas mentir, son départ m’a énormément affectée. J’avais l’habitude de l’avoir près de moi et, du jour au lendemain, elle n’était plus là. Avec le temps, j’ai fini par m’y habituer. Son mari s’appelle Jeraude. Il a vingt-cinq ans et il est français. Et contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser, je n’ai rien contre lui. Jeraude est même quelqu’un de très gentil. Il est plutôt beau, agréable et je l’apprécie sincèrement. Le problème, c’est que son mariage avec Isiath n’a pas été facilement accepté par toute ma famille. D’abord parce qu’il est chrétien alors que nous sommes musulmans. Ensuite parce qu’il n’est pas Valérien. Et enfin parce qu’il est blanc. Dans ma famille, les traditions occupent une très grande place. Alors forcément, voir Isiath épouser un homme d’une autre religion et d’une autre origine a provoqué beaucoup de discussions. Et le plus drôle, c’est que même s’il avait été noir, cela n’aurait probablement pas réglé le problème. S’il avait été Kaléoniens, par exemple, certains auraient quand même trouvé quelque chose à redire. Même un Valérien appartenant à une autre ethnie aurait probablement dû répondre à beaucoup de questions avant d’être accepté. Du côté de mon père, ils sont particulièrement attachés à ce genre de traditions. Depuis le mariage, certains disent qu’Isiath a déshonoré notre famille. D’autres reprochent à ma mère de ne pas avoir empêché ma sœur de faire ce choix. Bref, vous pouvez facilement imaginer l’ambiance. Et puis, il y a mon grand frère. Chakirou. Il a vingt et un ans et il est immense. Enfin… pour moi, il l’est. Tout le monde dans notre quartier l’appelle Chaki. Tout le monde, sauf Isiath et moi. Il n’aime pas ce surnom et refuse qu’on l’appelle comme ça. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi, mais je respecte son choix. Lorsqu’il était plus jeune, il avait quelques kilos en trop. Puis il s’est mis au sport et a complètement changé. Aujourd’hui, il a un physique qui pourrait facilement attirer l’attention de beaucoup de filles. Mon frère est vraiment beau. Et le plus étonnant, c’est qu’en dehors de notre différence de teint, nous nous ressemblons énormément. À tel point que certaines personnes pensent parfois que nous sommes jumeaux. Isiath ressemble à notre père. Chakirou et moi, nous ressemblons beaucoup à notre mère. Avec Chakirou, j’ai toujours eu une relation très forte. Je suis constamment derrière lui, même s’il m’arrive de l’agacer. Il est extrêmement protecteur. Peut-être même un peu trop. Il veut toujours savoir où je suis, avec qui je suis et ce que je fais. Impossible de lui cacher quoi que ce soit. Parfois, j’ai l’impression qu’il a des yeux partout. Et lorsqu’il s’énerve, il vaut mieux ne pas être dans les environs. Il a un caractère assez difficile. Isiath aussi. Apparemment, nous avons tous hérité d’un peu de nervosité dans cette famille. Heureusement, je ne suis pas seule dans cette folie. J’ai trois meilleures amies. La première s’appelle Rachidath. Elle a dix-neuf ans et elle est Valériens-Galénienne. Nous nous connaissons depuis tellement longtemps que je ne saurais même plus dire exactement quand notre amitié a commencé. Rachidath est grande et a un teint intermédiaire, ni très clair ni très foncé. Elle porte les cheveux défrisés et change régulièrement de coiffure. Les tissages, c’est vraiment son domaine. Ensuite, il y a Yséa. Elle a dix-huit ans et elle est maroco-Althérienne. Elle et moi, c’est une longue histoire. Nous nous connaissons depuis la maternelle et, depuis toutes ces années, nous avons presque tout vécu ensemble. Yséa a la peau mate, de grands yeux noisette et de magnifiques cheveux bouclés. La première fois qu’on la voit, on pourrait facilement penser qu’elle est métisse. Mais pas du tout. C’est une rebeu, une vraie. Et enfin, il y a Soraya. Elle a dix-neuf ans et elle est sénégalaise. Elle aussi, je la connais depuis la maternelle. Au départ, nous étions trois : Yséa, Soraya et moi. Puis Rachidath nous a rejointes lorsque nous sommes entrées au collège. Soraya a la peau foncée, presque comme la mienne. Et ses cheveux… Parlons-en. Je suis jalouse. Ils lui arrivent presque jusqu’au bas du dos. Chaque fois que je les vois, je me demande pourquoi les miens ont décidé de me faire autant patienter avant d’arriver simplement jusqu’à mes épaules. Le seul détail qui me dérange, c’est qu’elle les défrise. Attention, je n’ai absolument rien contre les filles qui défrisent leurs cheveux. C’est simplement une préférence personnelle. Moi, je préfère les cheveux naturels. Mais malgré cela, Soraya reste une véritable beauté. Cette fille est magnifique. Et je ne dis pas ça simplement parce que c’est mon amie. Je le pense vraiment. Et puis, depuis quelque temps, un autre garçon occupe une place assez particulière dans ma vie. Son prénom ? Ousmane. Oui, je suis en couple. Depuis peu, certes, mais je suis quand même en couple. Et si Chakirou l’apprend, je peux déjà commencer à m’inquiéter. Ousmane a vingt ans. Il est tunisien-algérien et, soyons honnêtes, il est loin d’être désagréable à regarder. Pour le moment, notre relation se passe plutôt bien. Il y a seulement un petit problème. Monsieur aime beaucoup se donner des airs de garçon difficile. Il veut constamment faire croire qu’il est très impressionnant alors qu’il est loin de l’être autant qu’il le pense. Mais bon… Je l’aime bien quand même. Le véritable problème n’est donc pas Ousmane. Le véritable problème, c’est Chakirou. Parce que si mon frère découvre que sa petite sœur est en couple… Je suis dans de beaux draps.
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Écrit par
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Date de parution
04 septembre 2026
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
16 Mo