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113
pages
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Français
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Ebooks
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2018
Description
Prune est une artiste anonyme assez prolifique. Elle crée entre autres des œuvres littéraires ainsi que des prototypes de jeu qui ne franchissent hélas jamais les portes de son appartement. Comble de malchance, sa créativité l’isole. La jeune femme n’a aucun contact avec le monde extérieur. Ce qui déplait fortement à sa belle-sœur qui un jour décide de prendre son destin en main. À partir de là, la jeune fille va devoir faire face à toute une série d’aventures.
À l’issue de quelques minutes de recherche, Madame Kleb lève enfin la tête— Voilà, je suis à vous ! dit-elle en tendant la main à son rendez-vous.Prune la saisit sans quitter ses yeux noisette.— Prune Toati, enchantée !— Léa Kleb, la directrice ! J’espère que vous ne m’en voulez pas pour cette attente.Que vous voulez que je réponde à ça ? Si, même que j’ai failli me barrer. La prochaine fois, je vous insulte ou je vous mets la tête sous l’eau froide pour irrespect envers le public.— Non, pas le moins du monde.— Très bien ! Avez-vous trouvé facilement ?— Oui, assez facilement !— Je vous pose cette question parce que vous m’aviez l’air d’anhéler en entrant.Incroyable, je n’aurais jamais cru qu’elle le remarque. Perspicace la patronne.Comme un lapin pris dans les phares d’une voiture, Prune reste sans voix. Aussi, ne pouvant lui révéler qu’une boutique lui a fait perdre la tête, elle invente un bobard.— C’est à cause d’un chien errant !Étonnée, Madame Kleb écarquille les yeux comme une chouette chevêche.— À bon ? Que s’est-il passé ? Rien de grave, j’espère !Confuse, Prune temporise. Le mensonge est un art dans lequel elle n’excelle nullement. Dans l’obligation de fournir une explication plausible, elle force sa nature.— Je traversais la rue piétonne quand tout à coup, un dogue allemand à la mâchoire imposante et avec des dents acérées comme des couteaux s’est mis à aboyer. Après quelques soubresauts, la peur m’a toute de suite envahie. Plus encore lors de mon passage devant lui. Le canin ne me quittait pas des yeux. J’avais l’impression d’être un bout de viande au milieu de la savane. Si la rue avait été déserte, sans doute lui aurais-je servi de repas. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.Quoi qu’il en soit, après vingt mètres, ce dernier a commencé à me suivre. Je ne vous raconte pas la trouille bleue que j’ai ressentie à ce moment-là.— J’imagine ! Moi, j’aurais été tétanisée, incapable de me mouvoir. Et après, que s’est-il passé ?Prune déglutit plusieurs fois avant de poursuivre son récit.— De peur qu’il me morde, je me suis instinctivement mise à courir. Vite. Très vite. Si bien que le décor alentour se floutait. Mes jambes contrôlant mon cerveau filaient droit devant elles comme un sprinteur jamaïcain. Chaque foulée s’apparentait à un bond de kangourou. C’était étrange.— Et donc, vous avez réussi à le semer ? demande Madame Kleb, intriguée.— Oui ! Enfin, pas au début. Car courir était une grave erreur. Sans m’en rendre compte, je le stimulais. Motivé par l’appât que je représentais, le fauve doublait sa cadence. J’entends encore son souffle. Fort. Rauque. Rien que d’y penser, j’en ai encore la chair de poule.— Ma pauvre ! lance sa confidente. Et ensuite ?— Ensuite.. ensuite, j’ai viré dans la rue Balantin. Le klaxon d’une voiture sur le point de…Elle cherche ses mots.Mince, je ne sais plus quoi dire. Vite, une idée.— Détendez-vous ! Prenez votre temps !Si elle savait que je suis en train de le baratiner, elle ne serait pas si bienveillante. J’ai honte. — Hum ! Je disais que le klaxon d’une voiture sur le point de me renverser a effrayé l’animal. Il a détalé dans la direction opposée sans demander son reste. Finalement, au-delà de la rage que j’aurais attrapée et la jambe dans le plâtre que j’ai évité, je m’en suis sortie indemne. La suite, vous la connaissez. Je suis là, devant vous, toute chamboulée.Le César de la meilleure actrice est attribué à Prune Toati !
À l’issue de quelques minutes de recherche, Madame Kleb lève enfin la tête— Voilà, je suis à vous ! dit-elle en tendant la main à son rendez-vous.Prune la saisit sans quitter ses yeux noisette.— Prune Toati, enchantée !— Léa Kleb, la directrice ! J’espère que vous ne m’en voulez pas pour cette attente.Que vous voulez que je réponde à ça ? Si, même que j’ai failli me barrer. La prochaine fois, je vous insulte ou je vous mets la tête sous l’eau froide pour irrespect envers le public.— Non, pas le moins du monde.— Très bien ! Avez-vous trouvé facilement ?— Oui, assez facilement !— Je vous pose cette question parce que vous m’aviez l’air d’anhéler en entrant.Incroyable, je n’aurais jamais cru qu’elle le remarque. Perspicace la patronne.Comme un lapin pris dans les phares d’une voiture, Prune reste sans voix. Aussi, ne pouvant lui révéler qu’une boutique lui a fait perdre la tête, elle invente un bobard.— C’est à cause d’un chien errant !Étonnée, Madame Kleb écarquille les yeux comme une chouette chevêche.— À bon ? Que s’est-il passé ? Rien de grave, j’espère !Confuse, Prune temporise. Le mensonge est un art dans lequel elle n’excelle nullement. Dans l’obligation de fournir une explication plausible, elle force sa nature.— Je traversais la rue piétonne quand tout à coup, un dogue allemand à la mâchoire imposante et avec des dents acérées comme des couteaux s’est mis à aboyer. Après quelques soubresauts, la peur m’a toute de suite envahie. Plus encore lors de mon passage devant lui. Le canin ne me quittait pas des yeux. J’avais l’impression d’être un bout de viande au milieu de la savane. Si la rue avait été déserte, sans doute lui aurais-je servi de repas. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.Quoi qu’il en soit, après vingt mètres, ce dernier a commencé à me suivre. Je ne vous raconte pas la trouille bleue que j’ai ressentie à ce moment-là.— J’imagine ! Moi, j’aurais été tétanisée, incapable de me mouvoir. Et après, que s’est-il passé ?Prune déglutit plusieurs fois avant de poursuivre son récit.— De peur qu’il me morde, je me suis instinctivement mise à courir. Vite. Très vite. Si bien que le décor alentour se floutait. Mes jambes contrôlant mon cerveau filaient droit devant elles comme un sprinteur jamaïcain. Chaque foulée s’apparentait à un bond de kangourou. C’était étrange.— Et donc, vous avez réussi à le semer ? demande Madame Kleb, intriguée.— Oui ! Enfin, pas au début. Car courir était une grave erreur. Sans m’en rendre compte, je le stimulais. Motivé par l’appât que je représentais, le fauve doublait sa cadence. J’entends encore son souffle. Fort. Rauque. Rien que d’y penser, j’en ai encore la chair de poule.— Ma pauvre ! lance sa confidente. Et ensuite ?— Ensuite.. ensuite, j’ai viré dans la rue Balantin. Le klaxon d’une voiture sur le point de…Elle cherche ses mots.Mince, je ne sais plus quoi dire. Vite, une idée.— Détendez-vous ! Prenez votre temps !Si elle savait que je suis en train de le baratiner, elle ne serait pas si bienveillante. J’ai honte. — Hum ! Je disais que le klaxon d’une voiture sur le point de me renverser a effrayé l’animal. Il a détalé dans la direction opposée sans demander son reste. Finalement, au-delà de la rage que j’aurais attrapée et la jambe dans le plâtre que j’ai évité, je m’en suis sortie indemne. La suite, vous la connaissez. Je suis là, devant vous, toute chamboulée.Le César de la meilleure actrice est attribué à Prune Toati !
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Publié par
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Date de parution
27 novembre 2018
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EAN13
9782363158222
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Langue
Français