La Terre , livre ebook

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2012

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Émile Zola (1840-1902). Le quinzième volume du cycle des Rougon-Macquart, édité en 1887. Sans doute l’un des plus violents de la série des Rougon-Macquart, Zola dresse un portrait au vitriol du monde paysan de la fin du dix-neuvième siècle dévoré d’une passion pour la terre qui peut aller jusqu’au crime. Tout l’ouvrage est empreint d’une bestialité propre à choquer les lecteurs de son époque
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Publié par

Date de parution

01 janvier 2012

Nombre de lectures

111

EAN13

9782820621924

Langue

Français

Collection
«Roman»

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ISBN : 9782820621924
Sommaire
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
QUATRIÈME PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CINQUIÈME PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE VI
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE VI
CHAPITRE VI
LA TERRE (1887)
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE I
Jean, ce matin-là, un semoir de toile bleue noué sur le ventre, en tenait la poche ouverte de la main gauche, et de la droite, tous les trois pas, il y prenait une poignée de blé, que d’un geste, à la volée, il jetait. Ses gros souliers trouaient et emportaient la terre grasse, dans le balancement cadencé de son corps ; tandis que, à chaque jet, au milieu de la semence blonde toujours volante, on voyait luire les deux galons rouges d’une veste d’ordonnance, qu’il achevait d’user. Seul, en avant, il marchait, l’air grandi ; et, derrière, pour enfouir le grain, une herse roulait lentement, attelée de deux chevaux, qu’un charretier poussait à longs coups de fouet réguliers, claquant au-dessus de leurs oreilles.
La parcelle de terre, d’une cinquantaine d’ares à peine, au lieu dit des Cornailles, était si peu importante, que M. Hourdequin, le maître de la Borderie, n’avait pas voulu y envoyer le semoir mécanique, occupé ailleurs. Jean, qui remontait la pièce du midi au nord, avait justement devant lui, à deux kilomètres, les bâtiments de la ferme. Arrivé au bout du sillon, il leva les yeux, regarda sans voir, en soufflant une minute.
C’étaient des murs bas, une tache brune de vieilles ardoises, perdue au seuil de la Beauce, dont la plaine, vers Chartres, s’étendait. Sous le ciel vaste, un ciel couvert de la fin d’octobre, dix lieues de cultures étalaient en cette saison les terres nues, jaunes et fortes, des grands carrés de labour, qui alternaient avec les nappes vertes des luzernes et des trèfles ; et cela sans un coteau, sans un arbre, à perte de vue, se confondant, s’abaissant, derrière la ligne d’horizon, nette et ronde comme sur une mer. Du côté de l’ouest, un petit bois bordait seul le ciel d’une bande roussie. Au milieu, une route, la route de Châteaudun à Orléans, d’une blancheur de craie, s’en allait toute droite pendant-quatre lieues, déroulant, le défilé géométrique des poteaux du télégraphe. Et rien autre, que trois ou quatre moulins de bois, sur leur pied de charpente, les ailes immobiles. Des villages faisaient des îlots de pierre, un clocher au loin émergeait d’un pli de terrain, sans qu’on vît l’église, dans les molles ondulations de cette terre du blé.
Mais Jean se retourna, et il repartit, du nord au midi, avec son balancement, la main gauche tenant le semoir, la droite fouettant l’air d’un vol continu de semence. Maintenant, il avait devant lui, tout proche, coupant la plaine ainsi qu’un fossé, l’étroit vallon de l’Aigre, après lequel recommençait la Beauce, immense, jusqu’à Orléans. On ne devinait les prairies et les ombrages qu’à une ligne de grands peupliers, dont les cimes jaunies dépassaient le trou, pareilles, au ras des bords, à de courts buissons. Du petit village de Rognes, bâti sur la pente, quelques toitures seules étaient en vue, au pied de l’église, qui dressait en haut son clocher de pierres grises, habité par des familles de corbeaux très vieilles. Et, du côté de l’est, au delà de la vallée du Loir, où se cachait à deux lieues Clo y es, le chef-lieu du canton, se profilaient, les lointains coteaux du Perche, violâtres sous le jour ardoisé. On se trouvait là dans l’ancien Dunois, devenu aujourd’hui l’arrondissement de Châteaudun, entre le Perche et la Beauce, et à la lisière même de celle-ci, à cet endroit où les terres moins fertiles lui font donner le nom de Beauce pouilleuse. Lorsque Jean fut au bout du champ, il s’arrêta encore, jeta un coup d’oeil en bas, le long du ruisseau de l’Aigre, vif et clair à travers les herbages, et que suivait la route de Cloyes, sillonnée ce samedi-là par les carrioles des paysans allant au marché. Puis, il remonta.
Et toujours, et du même pas, avec le même geste, il allait au nord, il revenait au midi, enveloppé dans la poussière vivante du grain ; pendant que, derrière, la herse, sous les claquements du fouet, enterrait les germes, du même train doux et comme réfléchi. De longues pluies venaient de retarder les semailles d’automne ; on avait encore fumé en août, et les labours étaient prêts depuis longtemps, profonds, nettoyés des herbes salissantes, bons à redonner du blé, après le trèfle et l’avoine de l’assolement triennal. Aussi la peur des gelées prochaines, menaçantes à la suite de ces déluges, faisait-elle se hâter les cultivateurs. Le temps s’était mis brusquement au froid, un temps couleur de suie, sans un souffle de vent, d’une lumière égale et morne sur cet océan de terre immobile. De toutes parts, on semait : il y avait un autre semeur à gauche, à trois cents mètres, un autre plus loin, vers la droite ; et d’autres, d’autres encore s’enfonçaient en face, dans la perspective fu y ante des terrains plats. C’étaient de petites silhouettes noires, de simples traits de plus en plus minces, qui se perdaient à des lieues. Mais tous avaient le geste, l’envolée de la semence, que l’on devinait comme une onde de vie autour d’eux. La plaine en prenait un frisson, jusque dans les lointains noyés, où les semeurs épars ne se voyaient plus.
Jean descendait pour la dernière fois, lorsqu’il aperçut, venant de Rognes, une grande vache rousse et blanche, qu’une jeune fille, presque une enfant, conduisait à la corde. La petite paysanne et la bête suivaient le sentier qui longeait le vallon, au bord du plateau ; et, le dos tourné, il avait achevé l’emblave en remontant, lorsqu’un bruit de course, au milieu de cris étranglés, lui fit de nouveau lever la tête, comme il dénouait son semoir pour partir. C’était la vache emportée, galopant dans une luzernière, suivie de la fille qui s’épuisait à la retenir. Il craignit un malheur, il cria :
Lâche-la donc !
Elle n’en faisait rien, elle haletait, injuriait sa vache, d’une voix de colère et d’épouvante.
La Coliche ! veux-tu bien, la Coliche !… Ah ! sale bête !… Ah ! sacrée rosse !
Jusque-là, courant et sautant de toute la longueur de ses petites jambes, elle avait pu la suivre. Mais elle buta, tomba une première fois, se releva pour retomber plus loin ; et, dès lors, la bête s’affolant, elle fut traînée. Maintenant, elle hurlait. Son corps, dans la luzerne, laissait un sillage.
Lâche-la donc, nom de Dieu ! continuait à crier Jean. Lâche-la donc !
Et il criait cela machinalement, par terreur ; car il courait lui aussi, en comprenant enfin : la corde devait s’être nouée autour du poignet, serrée davantage à chaque nouvel effort. Heureusement, il coupa au travers d’un labour, arriva d’un tel galop devant la vache, que celle-ci, effrayée, stupide, s’arrêta net. Déjà, il dénouait la corde, il asse y ait la fille dans l’herbe.
Tu n’as rien de cassé ?
Mais elle ne s’était pas même évanouie. Elle se mit debout, se tâta, releva ses jupes jusqu’aux cuisses, tranquillement, pour voir ses genoux qui la brûlaient, si essoufflée encore, qu’elle ne pouvait parler.
Vous voyez, c’est là, ça me pince… Tout de même, je remue, il n’y a rien… Oh ! j’ai eu peur ! Sur le chemin, j’étais en bouillie !
Et, examinant son poignet forcé, cerclé de rouge, elle le mouilla de salive, y colla ses lèvres, en ajoutant avec un grand soupir, soulagée, remise :
Elle n’est pas méchante, la Coliche. Seulement, depuis ce matin, elle nous fait rager, parce qu’elle est en chaleur… Je la mène au taureau, à la Borderie.
A la Borderie, répéta Jean. Ça se trouve bien, j’y retourne, je t’accompagne.
Il continuait à la tuto y er, la traitant en gamine, tellement elle était fine enc

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