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12
pages
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Français
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Documents
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1982
Description
Arts asiatiques - Année 1982 - Volume 37 - Numéro 1 - Pages 28-37Cet article tente d'esquisser l'évolution du feuillage dans la peinture chinoise du paysage des Tang à la fin des Song. Seules sont étudiées les peintures murales des grottes bouddhiques et les peintures des tombes. Les conifères sont omis ainsi que les arbres du second plan qui sous les Tang ont la forme de champignons. Pour les arbres du premier plan, le tronc et les branches sont d'abord dessinés puis recouverts de feuilles disproportionnées, plus grandes que nature mais fort précises du point de vue botanique. Cette règle prévaudra jusqu'à la fin des Tang comme le montrent les peintures des tombes des princes Yide et Zhanghuai (706-711 de notre ère) et celles, datant du milieu du IXe siècle, de la grotte 17 à Dunhuang.
Dans le mausolée Liao à Qingling (1031 de notre ère) dont le style semble être plus tardif, on trouve en plus, parfois au premier plan, mais surtout au plan intermédiaire, des feuilles stéréotypées, ovales ; à l'arrière-plan, elles ne sont plus figurées que par des traits courts ou des taches. Cette formule devait déjà exister en Chine vers la fin des Tang. Sur un rouleau trouvé dans la tombe de Yemaotai (ca. 959-986 ap. J.-C.), le feuillage est évoqué par des aplats de lavis inspirés peut-être des « arbres- champignons». Les paysages peints sur la tombe de Feng Daozhen (1256 ap. J.-C.) près de Datong sont tous exécutés d'une manière libre et fluide. Le feuillage y est représenté par des taches d'encre plus ou moins larges et par de fines hachures grises ou noires, parfois superposées. On retrouve cette manière « impressionniste » dans les célèbres tableaux attribués à Xia Gui et Muqi des Song du Sud. Les difficultés rencontrées par un peintre voulant suggérer les milliers de feuilles d'un arbres ont été surmontées à deux reprises en Europe : dans l'Antiquité puis à la Renaissance. Cette évolution ne put s'accomplir en Chine qu'à l'avènement de la peinture monochrome à l'encre et résulterait d'une vision plus unifiée du paysage. On ignore les différentes étapes de cette évolution qui fut éphémère. Dès 1358, dans les peintures du monastère taoïste Yongle gong, on note un retour aux feuilles individuelles, plus petites, parfois tracées au contour sur un lavis préparatoire. En conclusion, bien qu'elles soient souvent attribuées à des maîtres tels que Xia Gui et Ma Yuan, il semble que des peintures utilisant à la fois la formule des feuilles dessinées une à une et celle du style allusif des Song du Sud ne puissent être des œuvres originales car il est inconcevable que des peintres aient eu recours à deux modes d'expression si opposés.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Dans le mausolée Liao à Qingling (1031 de notre ère) dont le style semble être plus tardif, on trouve en plus, parfois au premier plan, mais surtout au plan intermédiaire, des feuilles stéréotypées, ovales ; à l'arrière-plan, elles ne sont plus figurées que par des traits courts ou des taches. Cette formule devait déjà exister en Chine vers la fin des Tang. Sur un rouleau trouvé dans la tombe de Yemaotai (ca. 959-986 ap. J.-C.), le feuillage est évoqué par des aplats de lavis inspirés peut-être des « arbres- champignons». Les paysages peints sur la tombe de Feng Daozhen (1256 ap. J.-C.) près de Datong sont tous exécutés d'une manière libre et fluide. Le feuillage y est représenté par des taches d'encre plus ou moins larges et par de fines hachures grises ou noires, parfois superposées. On retrouve cette manière « impressionniste » dans les célèbres tableaux attribués à Xia Gui et Muqi des Song du Sud. Les difficultés rencontrées par un peintre voulant suggérer les milliers de feuilles d'un arbres ont été surmontées à deux reprises en Europe : dans l'Antiquité puis à la Renaissance. Cette évolution ne put s'accomplir en Chine qu'à l'avènement de la peinture monochrome à l'encre et résulterait d'une vision plus unifiée du paysage. On ignore les différentes étapes de cette évolution qui fut éphémère. Dès 1358, dans les peintures du monastère taoïste Yongle gong, on note un retour aux feuilles individuelles, plus petites, parfois tracées au contour sur un lavis préparatoire. En conclusion, bien qu'elles soient souvent attribuées à des maîtres tels que Xia Gui et Ma Yuan, il semble que des peintures utilisant à la fois la formule des feuilles dessinées une à une et celle du style allusif des Song du Sud ne puissent être des œuvres originales car il est inconcevable que des peintres aient eu recours à deux modes d'expression si opposés.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié par
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Publié le
01 janvier 1982
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
3 Mo