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Les vies parallèles de PlutarqueTome troisième Comparaison de Cimon et LucullusTraduction française de Alexis PierronCOMPARAISONDECIMON ET DE LUCULLUS.______On peut regarder comme un des plus grands bonheurs de Lucullus d’être mort avant la révolution que les destins préparaient à larépublique par les guerres civiles, et d’avoir fini sa vie dans un pays malade, il est vrai, mais du moins encore libre. Voilà ce qu’il eutparticulièrement de commun avec Cimon ; car Cimon, lui aussi, mourut avant les troubles qui agitèrent la Grèce, et pendant qu’elleétait dans un état florissant. Du reste, il mourut dans son camp, en faisant les fonctions de général, et non point dégoûté des affaireset oisif, en homme qui cherche le prix de ses travaux, de ses conquêtes et de ses trophées, dans les festins et les débauches ;comme Orphée, dont Platon se moque, ne promet à ceux qui ont bien vécu d’autre récompense, dans les enfers, qu’une ivresse[1]perpétuelle . Sans doute le repos, la tranquillité, l’étude des lettres, où il y ait instruction jointe au plaisir, sont, pour un vieillard obligéde renoncer à la guerre et aux affaires publiques, la consola- tion la plus honorable. Mais, de ne donner d’autre fin à ses bellesactions que la volupté, de ne quitter les travaux de la guerre et le commandement des armées que pour passer le reste de sa viedans les fêtes de Vénus, dans les jeux et la mollesse, c’est se rendre peu digne de cette célèbre Académie, c’est se comporter ...
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