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11
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Français
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Documents
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1995
Description
Actes de la recherche en sciences sociales - Année 1995 - Volume 110 - Numéro 1 - Pages 56-63Leidender Orpheus Die Welt des beruflichen Klavierspielens ist aus drei Teilwelten, derjenigen des Virtuosen, der des Lehrers und der des medizinischen Bereichs, zusammengesetzt. Jede von ihnen trägt in ihrer Weise zur Entstehung, zur Perpetuierung und zum Abstreiten körperlicher Leiden bei Pianisten bei. Durch das Zusammenwirken einer Reihe von Faktoren hat bei einer signifikativen Anzahl von Berufspianisten das Auftreten von Schmerzen zugenommen : Die Verschärfung der Konkurrenz untereinander, eine falsche Spieltechnik (verbunden mit falscher Unterrichtung) und die Ausweitung des Standardre-pertoires der Virtuosen. In der Vergangenheit hatten die einzelnen sozialen Bereiche des Klaviers dieses Gesundheitsproblem unbeachtet gelassen oder waren ihm aus dem Weg gegangen. Den Medizinern waren die Leiden durch falschen Gebrauch, den Virtuosen durch einen Mangel an « Genie » oder durch « intensives üben » und den Klavierlehrern durch « einen schief gelaufenen Unterricht » oder durch einen « Mangel an Talent » entstanden. Vermutlich wird das Problem durch die den Müttern und Klavierlehrern seitens der « Wunderkinder » bezeugte, affektive Zuneigung weiter verschlimmert und überdies von Schmerzensverleugnung und Selbstanklage begleitet. Der Artikel fußt auf einer unter 268 Klavierlehrern des Staates New York durchgeführten Befragung, auf Interviews mit ärzten und Konzertpianisten, auf teilnehmender Beobachtung beim Klavierunterricht und bei Pädagogik-Tagungen, sowie auf historischen Untersuchungen schriftlicher Anleitungen zum Klavierspiel.
Orpheus wounded The institutional field of the piano contains three social worlds -the virtuoso, pedagogical and medical worlds - each of which in its distinctive way produces, manages, or denies physical pain in piano playing. A number of risk factors combine to increase the production of pain among a signiftcant number of professional pianists : increasing market competition, faulty technique (and inadequate teaching), expansion of the standard virtuoso repertoire. None of the social worlds of the piano have historically had to confront the problem of pain. The medical world blames pain on misuse ; the virtuoso world on lack of genius or hard work, the pedagogical world on bad teaching or lack of talent. The problem is probably exacerbated by the emotional commitment of young piano prodigies to their mother and their teacher, which leads to denial of pain or self-blame. The argument is based upon a survey of 268 New York State piano teachers, on interviews with doctors, piano teachers and pianists, on observation of piano pedagogy clinics and pedagogical conferences, and on a historical survey of hand-books on piano technique.
Orphée blessé L'univers académique du piano se compose de trois mondes : celui des virtuoses, des enseignants, et le monde médical. Chacun d'eux à sa manière produit, gère et dénie la douleur physique des pianistes. Un certain nombre de facteurs de risque se combinent pour accroître la production de la douleur parmi un nombre significatif de pianistes professionnels : l'augmentation du marché de la compétition, une technique erronée (et un mauvais enseignement), l'étendue du répertoire standard des virtuoses. Historiquement, aucun des univers sociaux du piano n'a eu à affronter le problème de la souffrance. Le monde médical attribuait la douleur au mauvais usage ; les virtuoses au manque de « génie » ou au « travail très dur », les professeurs au « mauvais enseignement » ou au « manque de talent ». Le problème est probablement exacerbé par l'investissement affectif que portent les jeunes prodiges à leur mère et à leur professeur, ce qui conduit à la dénégation de la douleur ou à l'autoaccusation. L'article s'appuie sur une enquête auprès de 268 professeurs de piano de l'État de New York, sur des interviews de médecins, de pianistes et de professeurs de piano ainsi que sur l'observation de l'enseignement du piano, de conférences de pédagogie et sur une recherche historique sur les manuels de technique du piano.
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Orpheus wounded The institutional field of the piano contains three social worlds -the virtuoso, pedagogical and medical worlds - each of which in its distinctive way produces, manages, or denies physical pain in piano playing. A number of risk factors combine to increase the production of pain among a signiftcant number of professional pianists : increasing market competition, faulty technique (and inadequate teaching), expansion of the standard virtuoso repertoire. None of the social worlds of the piano have historically had to confront the problem of pain. The medical world blames pain on misuse ; the virtuoso world on lack of genius or hard work, the pedagogical world on bad teaching or lack of talent. The problem is probably exacerbated by the emotional commitment of young piano prodigies to their mother and their teacher, which leads to denial of pain or self-blame. The argument is based upon a survey of 268 New York State piano teachers, on interviews with doctors, piano teachers and pianists, on observation of piano pedagogy clinics and pedagogical conferences, and on a historical survey of hand-books on piano technique.
Orphée blessé L'univers académique du piano se compose de trois mondes : celui des virtuoses, des enseignants, et le monde médical. Chacun d'eux à sa manière produit, gère et dénie la douleur physique des pianistes. Un certain nombre de facteurs de risque se combinent pour accroître la production de la douleur parmi un nombre significatif de pianistes professionnels : l'augmentation du marché de la compétition, une technique erronée (et un mauvais enseignement), l'étendue du répertoire standard des virtuoses. Historiquement, aucun des univers sociaux du piano n'a eu à affronter le problème de la souffrance. Le monde médical attribuait la douleur au mauvais usage ; les virtuoses au manque de « génie » ou au « travail très dur », les professeurs au « mauvais enseignement » ou au « manque de talent ». Le problème est probablement exacerbé par l'investissement affectif que portent les jeunes prodiges à leur mère et à leur professeur, ce qui conduit à la dénégation de la douleur ou à l'autoaccusation. L'article s'appuie sur une enquête auprès de 268 professeurs de piano de l'État de New York, sur des interviews de médecins, de pianistes et de professeurs de piano ainsi que sur l'observation de l'enseignement du piano, de conférences de pédagogie et sur une recherche historique sur les manuels de technique du piano.
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié par
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Publié le
01 janvier 1995
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Langue
Français