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Le Correspondant, année 84, 25 avril 1912
Edgar de Geoffroy
LE NAUFRAGE DU « TITANIC »
QUELQUES LEÇONS D’UNE CATASTROPHE
Le Naufrage du Titanic
Durant des siècles, les voiles blanches se balancèrent sur les flots bleus. Puis un
jour vint où des panaches de fumée noire accompagnèrent comme un nuage les
navires dans leur marche. A partir de ce moment ce fut comme un emballement fou
d’inventions. D’abord en 1838 apparaît le premier paquebot G r e a t W e s t e r n de 64
mètres de long. Puis, quinze ans après, c’est le P e r s i a avec 100 mètres de long.
En 1885, c’est-à-dire trente ans après, c’est la C h a m p a g n e avec 150 mètres ; en
1900, c’est l’ O c e a n i c avec 200 mètres. La course s’accélère encore, puisqu’il
suffit de sept ans pour passer de 200 à 232 mètres avec les L u s i t a n i a et
M a u r i t a n i e actuels de la Compagnie Cunard. Enfin, en 1911, sont lancés les deux
gigantesques paquebots de la White Star Line, l’ O l y m p i c et le T i t a n i c de 270
mètres de longueur.
En somme, il a suffi de soixante-quinze ans, à peu près la durée moyenne d’une
existence humaine, pourvoir les longueurs quadruples et les tonnages, c’est-à-dire
les capacités totales, augmentées dans l’énorme proportion de 1 à 30. La
profondeur de carène, c’est-à-dire le tirant d’eau, est passée de 5 à 12 mètres ; la
vitesse a plus que triplé, de 15 à 48 kilomètres à l’heure.
Une question, dès lors, se pose : cette course fantastique va-t-elle s’arrêter ? Il
semble en effet ...
Edgar de Geoffroy
LE NAUFRAGE DU « TITANIC »
QUELQUES LEÇONS D’UNE CATASTROPHE
Le Naufrage du Titanic
Durant des siècles, les voiles blanches se balancèrent sur les flots bleus. Puis un
jour vint où des panaches de fumée noire accompagnèrent comme un nuage les
navires dans leur marche. A partir de ce moment ce fut comme un emballement fou
d’inventions. D’abord en 1838 apparaît le premier paquebot G r e a t W e s t e r n de 64
mètres de long. Puis, quinze ans après, c’est le P e r s i a avec 100 mètres de long.
En 1885, c’est-à-dire trente ans après, c’est la C h a m p a g n e avec 150 mètres ; en
1900, c’est l’ O c e a n i c avec 200 mètres. La course s’accélère encore, puisqu’il
suffit de sept ans pour passer de 200 à 232 mètres avec les L u s i t a n i a et
M a u r i t a n i e actuels de la Compagnie Cunard. Enfin, en 1911, sont lancés les deux
gigantesques paquebots de la White Star Line, l’ O l y m p i c et le T i t a n i c de 270
mètres de longueur.
En somme, il a suffi de soixante-quinze ans, à peu près la durée moyenne d’une
existence humaine, pourvoir les longueurs quadruples et les tonnages, c’est-à-dire
les capacités totales, augmentées dans l’énorme proportion de 1 à 30. La
profondeur de carène, c’est-à-dire le tirant d’eau, est passée de 5 à 12 mètres ; la
vitesse a plus que triplé, de 15 à 48 kilomètres à l’heure.
Une question, dès lors, se pose : cette course fantastique va-t-elle s’arrêter ? Il
semble en effet ...
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Français