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21
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Français
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Documents
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1996
Description
Actes de la recherche en sciences sociales - Année 1996 - Volume 111 - Numéro 1 - Pages 92-109Zum Recht aufs schlechte Schreiben An den Beispielen Jean-Jacques Rousseaus (1712-1778), Rodolphe Töpffers (1799-1846) und Charles-Ferdinand Ramuz' (1878-1947), alle drei im linguistischen Bereich der französischen Schweiz großgeworden, untersucht der Artikel die Pariser Rezeption — bewußt gewollter oder unfreiwilliger — stilistischer Eigentümlichkeiten, soweit sie auf diesen besonderen nationalen Zugehörigkeit beruhen. Je nach historischer Konjunktur können die sprachlichen Eigentümlichkeiten gemildert oder im Gegenteil akzentuiert sein, und zum Gegenstand mehr oder weniger heftig vorgetragener Richtigstellungen werden. Aber sie können ebenfalls, dank einer von der Kritik unternommenen Legitimationsarbeit, als besondere Stileffekte betrachtet sein. Als solche weisen sie über die Tragweite ihrer bloß ästhetischen Dimension hinaus. So erscheint beispielsweise Ramuz' ganz eigenwilliger Stil zwar sehr wohl als rein individuelle Schöpfung, aber zugleich eben auch als polemische Antwort auf stillschweigend behauptete Regeln des französischen literarischen Feldes. Zahlreiche Schriftsteller der Randbereiche des französischen Sprachraums bedauern die Kluft zwischen dem lokalen gesprochenen Französisch und der standardisierten Norm der Schriftsprache und weigern sich, ihre Schreibweise ganz dem « Pariser » Französisch anzupassen. Durch den Faktor der geohistorischen Ausdehnung des Feldes kann so unter Umständen ein Niederschlag im Literarischen bewirkt sein : zahlreiche Beispiele der französischen Schweiz, in Quebec, in Belgien und in Strömungen auf den Antillen versuchen mit deutlich gleichem Eifer vom « Pariser » Französisch wegzukommen, um sich ihre eigene Identität zu konstruieren.
The right to write badly Using Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Rodolphe Töpffer (1799-1846) and Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947), all three shaped in the French linguistic space of Switzerland, this article looks at the welcome Paris reserves for deviations from standard written practice, a point of pride or shame that announces national differences. Attenuated or accentuated, depending on the historical moment, these deviations may be the object of a violent bringing into line. But at the cost of a labor of legitimation undertaken by the critics (e.g. Sainte-Beuve's remarks on Töpffer, Claudel's defense of Ramuz) ; they can also be perceived as effects of style. More is at stake than simply esthetics, however. Ramuz' highly personal style, for instance, appears both as an individual production and a polemical response to the unspoken rules of the French literary field. Deploring the chasm between regional variants of spoken French and the standard written version, many authors around the French-speaking periphery refuse to align their style on the French of Paris. A literary issue may thus emerge from a geohistorical gap between fields : many cases in French-speaking Switzerland, Quebec, Belgium or the West Indies present striking similarities in their enthusiastic debauching of the French of Paris the better to construct their own identity.
Le droit de mal écrire À travers les cas de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), de Rodolphe Töpffer (1799-1846) et de Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947), tous trois formés dans l'espace linguistique de la Suisse romande, cet article étudie la réception parisienne des écarts d'écriture, revendiqués ou non, par lesquels se signalent les différences nationales. Atténués ou accentués selon la conjoncture historique, ces écarts peuvent faire l'objet de violentes remises à l'ordre. Mais, au prix d'un travail de légitimation accompli par la critique (ainsi Sainte-Beuve commentant Töpffer, Claudel défendant Ramuz), ils peuvent aussi être perçus comme des effets de style. Les enjeux de ceux-ci dépassent la simple dimension esthétique. Le style si particulier de Ramuz, par exemple, apparaît à la fois comme une production individuelle et une réponse polémique aux règles tacites du champ littéraire français. Déplorant le fossé entre les français régionaux parlés et la norme standard de l'écrit, de nombreux écrivains des régions francophones périphériques refusent d'aligner entièrement leur écriture sur le français « de Paris ». Un enjeu littéraire peut ainsi naître d'un décalage géohistorique des champs : de nombreux cas suisses romands, québécois, belges ou les mouvements antillais d'aujourd'hui présentent des similitudes frappantes dans leur ardeur à débaucher le français « de Paris » afin de construire leur identité.
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
The right to write badly Using Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Rodolphe Töpffer (1799-1846) and Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947), all three shaped in the French linguistic space of Switzerland, this article looks at the welcome Paris reserves for deviations from standard written practice, a point of pride or shame that announces national differences. Attenuated or accentuated, depending on the historical moment, these deviations may be the object of a violent bringing into line. But at the cost of a labor of legitimation undertaken by the critics (e.g. Sainte-Beuve's remarks on Töpffer, Claudel's defense of Ramuz) ; they can also be perceived as effects of style. More is at stake than simply esthetics, however. Ramuz' highly personal style, for instance, appears both as an individual production and a polemical response to the unspoken rules of the French literary field. Deploring the chasm between regional variants of spoken French and the standard written version, many authors around the French-speaking periphery refuse to align their style on the French of Paris. A literary issue may thus emerge from a geohistorical gap between fields : many cases in French-speaking Switzerland, Quebec, Belgium or the West Indies present striking similarities in their enthusiastic debauching of the French of Paris the better to construct their own identity.
Le droit de mal écrire À travers les cas de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), de Rodolphe Töpffer (1799-1846) et de Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947), tous trois formés dans l'espace linguistique de la Suisse romande, cet article étudie la réception parisienne des écarts d'écriture, revendiqués ou non, par lesquels se signalent les différences nationales. Atténués ou accentués selon la conjoncture historique, ces écarts peuvent faire l'objet de violentes remises à l'ordre. Mais, au prix d'un travail de légitimation accompli par la critique (ainsi Sainte-Beuve commentant Töpffer, Claudel défendant Ramuz), ils peuvent aussi être perçus comme des effets de style. Les enjeux de ceux-ci dépassent la simple dimension esthétique. Le style si particulier de Ramuz, par exemple, apparaît à la fois comme une production individuelle et une réponse polémique aux règles tacites du champ littéraire français. Déplorant le fossé entre les français régionaux parlés et la norme standard de l'écrit, de nombreux écrivains des régions francophones périphériques refusent d'aligner entièrement leur écriture sur le français « de Paris ». Un enjeu littéraire peut ainsi naître d'un décalage géohistorique des champs : de nombreux cas suisses romands, québécois, belges ou les mouvements antillais d'aujourd'hui présentent des similitudes frappantes dans leur ardeur à débaucher le français « de Paris » afin de construire leur identité.
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié par
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Publié le
01 janvier 1996
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
2 Mo