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15
pages
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Français
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Description
La Législation directe et universelle
par Joseph Déjacque
1857
Pour libertaire ou anarchiste que l’on soit, il n’en faut pas moins vivre dans son
siècle, compter avec les populations contemporaines. On peut entrevoir la grande
et libre cité humaine, la cité de l’avenir, mais on ne peut y aborder qu’en passant
sur le corps de plusieurs générations. Trop de masses ignorantes encombrent
encore la route qui y conduit pour oser espérer y pénétrer d’un bond ; aussi,
anarchistes ou libertaires, nous faut-il, péniblement, de l’épaule et du coude, nous
ouvrir un passage à travers cette cohue moutonnière et lui frayer à elle-même une
voie pour la faire s’avancer à notre remorque au débarcadère du monde futur, aux
premières stations de la société harmonique ; et cela uniquement par
l’entraînement de notre marche. L’exemple, la pensée qui agit, la force d’initiative
est plus puissante en révolution que le commandement, la pensée qui s’immobilise,
la force de compressibilité. Les hommes bruts, les simples et les faibles d’esprit,
comme tous les enfants, sont toujours plus disposés à singer la conduite de leurs
moralisateurs qu’à se conformer à leurs leçons. Il y a un instinct naturel qui fait que
l’homme le plus chétif se révolte toujours contre celui qui veut lui imposer sa
domination par la violence. La violence dictatoriale, comme il a été démontré
précédemment, ne peut rien pour le bien, le voulût-elle. La tyrannie, fût-elle
démagogique, n’est pas de nature à faire avancer la ...
par Joseph Déjacque
1857
Pour libertaire ou anarchiste que l’on soit, il n’en faut pas moins vivre dans son
siècle, compter avec les populations contemporaines. On peut entrevoir la grande
et libre cité humaine, la cité de l’avenir, mais on ne peut y aborder qu’en passant
sur le corps de plusieurs générations. Trop de masses ignorantes encombrent
encore la route qui y conduit pour oser espérer y pénétrer d’un bond ; aussi,
anarchistes ou libertaires, nous faut-il, péniblement, de l’épaule et du coude, nous
ouvrir un passage à travers cette cohue moutonnière et lui frayer à elle-même une
voie pour la faire s’avancer à notre remorque au débarcadère du monde futur, aux
premières stations de la société harmonique ; et cela uniquement par
l’entraînement de notre marche. L’exemple, la pensée qui agit, la force d’initiative
est plus puissante en révolution que le commandement, la pensée qui s’immobilise,
la force de compressibilité. Les hommes bruts, les simples et les faibles d’esprit,
comme tous les enfants, sont toujours plus disposés à singer la conduite de leurs
moralisateurs qu’à se conformer à leurs leçons. Il y a un instinct naturel qui fait que
l’homme le plus chétif se révolte toujours contre celui qui veut lui imposer sa
domination par la violence. La violence dictatoriale, comme il a été démontré
précédemment, ne peut rien pour le bien, le voulût-elle. La tyrannie, fût-elle
démagogique, n’est pas de nature à faire avancer la ...
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Français
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