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La dimension existentielle de la maladie Eric Delassus Afin de réfléchir sur la dimension existentielle de la maladie il semble important d’analyser la signification de l’expression « être malade ». « Être malade », en effet, ce n’est pas « avoir une maladie » ; « avoir telle ou telle maladie » sert plutôt à qualifier l’affection dont on est atteint, plutôt que l’état dans lequel on se trouve. Ainsi « on a telle ou telle maladie », son degré de gravité est plus ou moins élevé, mais quelle que soit cette pathologie, durant le temps qu’elle nous affecte, on est malade. Autrement dit quelque chose en nous est altéré, nous avons l’impression que notre être se trouve modifié et que ce qui n’est tout d’abord qu’un dysfonctionnement du corps modifie totalement notre manière d’être au monde ; nous nous sentons plus fragile et notre manière d’appréhender la vie n’est plus la même. Si la maladie est asymptomatique nous vivons avec l’impression d’une menace permanente placée comme une épée de Damoclès au dessus de notre tête ; et si les symptômes sont plus voyants, nous vivons cette fragilité au quotidien, par la sensation et le sentiment de faiblesse qu’elle engendre, et aussi pour les cas les plus pénibles par la souffrance qu’elle entraîne voire la perspective de la mort qui se dessine. Cette appréhension différente de la vie va principalement se manifester sur le plan de la temporalité ; en bonne santé nous faisons des projets, nous anticipons sur un avenir ...
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Français