-
20
pages
-
Français
-
Documents
Description
La Conjuration de CatilinaSallustetraduction de Charles Durozoir, éditée en 1865I. Tout homme qui veut l'emporter sur les autres animaux doit faire tous ses effortspour ne point passer obscurément sa vie comme les brutes, que la nature acourbées vers la terre, esclaves de leurs appétits grossiers. Or toutes nos facultésrésident dans l'âme et dans le corps : nous employons de préférence l'âme àcommander, le corps à obéir : l'une nous est commune avec les dieux, l'autre avecles bêtes. Aussi me paraît-il plus juste de rechercher la gloire par les facultés del'esprit que par celles du corps, et, puisque la vie qui nous est donnée est courte, delaisser de nous la plus longue mémoire. Car l'éclat des richesses et de la beautéest fugitif et peu durable : il n'appartient qu'à la vertu de se rendre célèbre etimmortelle. Ce fut longtemps parmi les hommes un grand sujet de discussion, si laforce du corps contribuait plus aux succès militaires que les lumières de l'esprit : eneffet, avant d'entreprendre, il faut réfléchir , et, après avoir réfléchi, promptementexécuter. Ainsi ces deux choses impuissantes, chacune en soi, se prêtent un mutuelsecours.II. Aussi, dans l'origine des sociétés , les rois (premier nom qui sur la terre aitdésigné le pouvoir), se livrant à des goûts divers, exerçaient, les uns leur esprit, lesautres leur corps. Alors la vie des hommes était exempte de convoitise : chacunétait content de ce qu'il possédait. Plus tard, depuis qu'en Asie ...
-
Publié par
-
Langue
Français
-
Poids de l'ouvrage
1 Mo