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L’état de siège à Buenos-AiresJames Guillaume1910Nos lecteurs connaissent les événements de Buenos-Aires, dont toute la presse aparlé. Le dimanche 14 novembre dernier, le chef de la police de la RépubliqueArgentine, le colonel Falcon, et son secrétaire, ont été tués par une bombe. L’auteurde l’attentat a été arrêté sur le champ ; mais jusqu’à ce jour on ignore son nom et sanationalité. Son acte est un acte individuel. Le colonel Falcon avait dirigé lesmassacres qui ont ensanglanté les rues de Buenos-Aires lors des manifestationsdu 1er mai 1909 et des jours suivants ; il avait mérité l’exécration publique : unjusticier s’est fait l’organe de la vengeance des opprimés !Aussitôt après l’événement du 14 novembre, les fureurs de la police et de labourgeoisie réactionnaire se sont déchaînées sur les journaux ouvriers et sur lesassociations de travailleurs. Dans la nuit du 14 au 15, l’imprimerie de la Protesta aété saccagée ; les locaux de plusieurs syndicats ouvriers et celui de laConfederacion Obrera Regional Argentina ont été envahis ; les bureaux du journalla Vanguardia ont été fermés et ses rédacteurs arrêtés. Le gouvernement aproclamé l’état de siège pendant soixante jours dans toute l’étendue du territoireargentin ; il a fait procéder à d’innombrables arrestations ; il a ordonné la fermeturede tous les syndicats ; il a expulsé en masse les ouvriers étrangers, accusés d’êtretous des anarchistes et des agents de désordre. Il est impossible d’obtenir sur ...
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