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DONNER SENS ET RECONNAISSANCE : UNE MÉMOIRE FAMILIALE DE LA RÉPRESSION STALINIENNE HÉLÈNE LEVESQUE Dans les vingt dernières années, le discours sur le passé a subi bien des bouleversements en Russie. Pendant la perestroïka, une ouverture sans précédent a été 1accordée à l’histoire de la répression stalinienne et du Goulag . Cette ouverture a suscité, chez les victimes de répression, l’espoir de pouvoir enfin faire reconnaître publiquement leur expérience, prendre la parole et, de cette façon, se réconcilier un tant soit peu avec leur passé. Paradoxalement, la fin du régime communiste et de l’Union soviétique aura donné à ces victimes une plus grande liberté de parole, mais pas nécessairement un auditoire. En fait, leur histoire a rapidement été submergée par les tensions politiques, la dégradation de l’économie et des conditions sociales, les questions de redéfinition des identités nationales, ainsi que par la montée de nombreux autres discours mémoriels, tels ceux des victimes de famines ou encore ceux, beaucoup plus glorieux, des vétérans, vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale. La dénonciation des atrocités staliniennes n’occupe plus l’avant-plan des médias, et une représentation antagoniste du passé, qui récuse un récit uniquement tragique de l’histoire soviétique, fait peu à peu sa place. Cependant, cette nouvelle refonte du récit historique national, qui pourrait correspondre à une recherche d’équilibre, entraîne parfois des ...
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Français