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Souveraineté, droit et gouvernementalité*Thomas BERNS Chargé de recherches au FNRSCentre de Philosophie du Droit de l’Université Libre de BruxellesRÉSUMÉ. — En se basant sur la relation entre souveraineté et gouvernementalité chez Foucault, et en lui faisant subir une série de déplacements, l’auteur cherche à saisir, àpartir du texte de Bodin, la positivité et la productivité propres à la théorisation de lasouveraineté.La souveraineté politique est, déjà par sa genèse pré-moderne, un concept aussiessentiel que négatif. Le fait que la puissance absolue ou ultime du prince se soitconstruite « à l’image » de la puissance absolue de Dieu est révélateur de cette valeur àla fois constitutive et négative. La seule consistance positive de l’une et de l’autrepourrait bien être de ne pas s’auto-réfuter quant à leur puissance, d’échapper à toutecontradiction, c’est-à-dire à toute limitation. Les inversions produites par Duns Scot nesont-elles pas exemplaires de cette inconsistance ? Nous nous inscrivons ici dansl’histoire longue de la distinction entre puissance absolue et puissance ordinaire qui fit1l’objet d’un chassé-croisé constant durant le Moyen-Âge entre théologie et droit , etdont la Distinction 44 de l’Ordinatio de Duns Scot représentait un des moments clés ence qu’il généralise à tous les êtres doués d’intellect et de volonté la dualité mentionnéeentre puissance absolue et puissance ordinaire, et en ce qu’il lui intègre l’oppositionjuridique entre fait ...
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