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Des rapports de la morale et de la science dans laphilosophie de DescartesÉmile Boutroux[502] La partie des écrits de Descartes relative à la morale n'est pas sansétendue ; mais ni par sa nature ni par son contenu, elle ne paraît rentrer dans sonoeuvre philosophique proprement dite. Ce sont avant tout les lettres à la princesseÉlisabeth et à la reine de Suède : Descartes s'y accommode aux désirs et auxbesoins de ses illustres correspondantes. Il est vrai qu'une esquisse de moralepratique figure dans le Discours de la Méthode. Mais, selon un documentrécemment publié par M. Ch. Adam , Descartes n'aurait ajouté ces règles quemalgré lui, à cause des pédagogues et autres gens de même espèce, qui sanscela l'auraient accusé d'être sans religion et sans foi, et de vouloir renverser l'une etl'autre par sa méthode. Quant au contenu de ces écrits, il est certes très élevé depensée et admirable de forme, mais il parait peu en rapport avec la propre doctrinedu philosophe. Emprunté, selon Baillet, à saint Thomas, destiné, d'après ce qu'endit Descartes lui-même, à concilier Aristote, Zénon et Épicure , il apparaît commeparticulièrement empreint de stoïcisme. Or le stoïcisme était courant alors.Descartes est stoïcien, comme les héros de Corneille. Sa mathématique n'y estpour rien. Il semble donc, ou que Descartes se soit, quant à lui, désintéressé desrecherches morales, ou que, s'il a professé [503] des maximes en cette matière,elles procèdent de sentiments ...
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Français