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Gottfried Wilhelm LeibnizLettre sur la question si l’essence du corps consiste dans l’étendueVous me demandez, Monsieur, les raisons que j’ai de croire que l’Idée du Corps ou de la matière est autre que celle de l’étendue. Ilest vrai, comme vous dites que bien d’habiles gens sont prévenus aujourd’hui de ce sentiment, que l’essence du corps consiste dansla longueur, largeur et profondeur. Cependant il y en a encore, qu’on ne peut pas accuser de trop d’attachement à la scolastique, quin’en sont pas contents.M. Nicole dans un endroit de ses essais témoigne d’être de ce nombre, et il lui semble qu’il y a plus de prévention que de lumièredans ceux qui ne paraissent pas effrayés des difficultés, qui s’y trouvent.Il faudrait un discours fort ample pour expliquer bien distinctement ce que je pense là-dessus ; cependant voici quelquesconsidérations que je soumets à votre jugement dont je vous supplie de me faire part.Si l’essence du corps consistait dans l’étendue, cette étendue seule devait suffire pour rendre raison de toutes les affections ducorps : mais cela n’est point. Nous remarquons dans la matière une qualité, que quelques-uns ont appelée l’inertie Naturelle, parlaquelle le corps résiste en quelque façon au mouvement, en sorte qu’il faut employer quelque force pour l’y mettre (faisant mêmeabstraction de la pesanteur) et qu’un grand corps est plus difficilement ébranlé qu’un petit corps. Par exemple fig. 1:[La figure mise ici représente un cercle, indexé de ...
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Français