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Lettre à MénécéeÉpicureTraduction anonymeÉpicure à Ménécée, salut.Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de lavieillesse, se fatiguer de l’exercice philosophique. Il n’est jamais trop tôt, qui quel’on soit, ni trop tard pour l’assainissement de l’âme. Tel, qui dit que l’heure dephilosopher n’est pas venue ou qu’elle est déjà passée, ressemble à qui dirait quepour le bonheur, l’heure n’est pas venue ou qu’elle n’est plus. Sont donc appelés àphilosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeuneen biens par esprit de gratitude à l’égard du passé. Le premier pour que jeune, ilsoit aussi un ancien par son sang-froid à l’égard de l’avenir. En définitive, on doitdonc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, s’il est vrai qu’avec lui nouspossédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l’obtenir. Ces conceptions,dont je t’ai constamment entretenu, garde-les en tête. Ne les perds pas de vuequand tu agis, en connaissant clairement qu’elles sont les principes de base dubien vivre.D’abord, tenant le dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion dudieu communément pressentie, ne lui attribue rien d’étranger à son immortalité nirien d’incompatible avec sa béatitude. Crédite-le, en revanche, de tout ce qui estsusceptible de lui conserver, avec l’immortalité, cette béatitude. Car les dieuxexistent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. Mais tels que la fouleles imagine ...
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