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Contre les chiens ignorantsJulien l’ApostatTraduction d’Eugène Talbot(Œuvres complètes de l'empereur Julien, Paris, Plon, 1863)[1] "Les fleuves remontent", dit le proverbe. Un cynique accuse Diogène de vainegloire. Il ne veut pas se baigner à l'eau froide, bien que d'un corps vigoureux, pleinde séve et dans la fleur de l'àge : il a peur de prendre du mal, et cela au moment oùle dieu Soleil entre dans le solstice d'été. Il se moque de la folie et de la sotte vanitéde Diogène puni d'avoir mangé un polype, nourriture qui produit en lui l'effet mortelde la ciguë. Il a poussé si loin la sagesse qu'il sait précisément que la mort est unmal. Or, le sage Socrate avouait n'en rien savoir, et après lui Diogène. Car celui-ci,dit-il, en présentant un poignard à Antisthène épuisé par une maladie longue etincurable, lui demande s'il a besoin du secours d'un ami. Il pensait donc que la mortn'a rien d'effrayant, ni de douloureux. Pour nous, qui avons aussi adopté le bâton,nous savons, de science plus certaine, que, si la mort est un mal, la maladie est unfléau pire que la mort même, mais que le pire de tout, c'est d'avoir froid. En effet, unmalade peut se tenir mollement pendant qu'on le soigne, en sorte que sa maladiepeut devenir tout plaisir, surtout s'il est riche. J'ai vu moi-même, par Jupiter, desmalades vivre plus doucement qu'en bonne santé, où cependant ils étaientsplendidement dans les délices. Ce qui m'a fourni l'occasion de dire parfois à mesamis, qu'ils ...
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