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6
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Français
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Description
[1]Aux électeurs du département des Landes
Frédéric Bastiat
Novembre 1830
Un peuple n’est pas libre par cela seul qu’il possède des institutions libérales ; il
faut encore qu’il sache les mettre en œuvre, et la même législation qui a fait sortir
de l’urne électorale des noms tels que ceux de Lafayette et de Chantelauze, de
Tracy et de Dudon, peut, selon les lumières des électeurs, devenir le palladium des
libertés publiques ou l’instrument de la plus solide de toutes les oppressions, celle
qui s’exerce sur une nation par la nation elle-même.
Pour qu’une loi d’élection soit pour le public une garantie véritable, une condition
est essentielle : c’est que les électeurs connaissent leurs intérêts et veuillent les
faire triompher ; c’est qu’ils ne laissent pas capter leurs suffrages par des motifs
étrangers à l’élection ; c’est qu’ils ne regardent pas cet acte solennel comme une
simple formalité, ou tout au plus comme une affaire entre l’électeur et l’éligible ;
c’est qu’ils n’oublient pas complétement les conséquences d’un mauvais choix ;
c’est enfin que le public lui-même sache se servir des seuls moyens répressifs qui
soient à sa disposition, la haine et le mépris, pour ceux des électeurs qui le
sacrifient par ignorance, ou l’immolent à leur cupidité.
Il est vraiment curieux d’entendre le langage que tiennent naïvement quelques
électeurs.
L’un nommera un candidat par reconnaissance personnelle ou par amitié ; comme
si ce n’était pas un véritable crime d’acquitter sa dette ...
Frédéric Bastiat
Novembre 1830
Un peuple n’est pas libre par cela seul qu’il possède des institutions libérales ; il
faut encore qu’il sache les mettre en œuvre, et la même législation qui a fait sortir
de l’urne électorale des noms tels que ceux de Lafayette et de Chantelauze, de
Tracy et de Dudon, peut, selon les lumières des électeurs, devenir le palladium des
libertés publiques ou l’instrument de la plus solide de toutes les oppressions, celle
qui s’exerce sur une nation par la nation elle-même.
Pour qu’une loi d’élection soit pour le public une garantie véritable, une condition
est essentielle : c’est que les électeurs connaissent leurs intérêts et veuillent les
faire triompher ; c’est qu’ils ne laissent pas capter leurs suffrages par des motifs
étrangers à l’élection ; c’est qu’ils ne regardent pas cet acte solennel comme une
simple formalité, ou tout au plus comme une affaire entre l’électeur et l’éligible ;
c’est qu’ils n’oublient pas complétement les conséquences d’un mauvais choix ;
c’est enfin que le public lui-même sache se servir des seuls moyens répressifs qui
soient à sa disposition, la haine et le mépris, pour ceux des électeurs qui le
sacrifient par ignorance, ou l’immolent à leur cupidité.
Il est vraiment curieux d’entendre le langage que tiennent naïvement quelques
électeurs.
L’un nommera un candidat par reconnaissance personnelle ou par amitié ; comme
si ce n’était pas un véritable crime d’acquitter sa dette ...
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