-
8
pages
-
Français
-
Documents
Description
À MM. les électeurs de l’arrondissement de Saint-SéverFrédéric BastiaterMugron, le 1 juillet 1846Mes chers Compatriotes,Encouragé par quelques-uns d’entre vous à me présenter aux prochaines élections,et voulant pressentir le concours sur lequel je pouvais compter, je me suis adresséà quelques électeurs. Hélas ! l’un me trouve trop avancé, l’autre pas assez ; celui-cirejette mes opinions anti-universitaires, celui-là mes répugnances algériennes, quimes convictions économiques, qui mes vues de réforme parlementaire, etc.Ceci prouve que la meilleure tactique, pour un candidat, c’est de cacher sesopinions, ou, pour plus de sûreté, de n’en point avoir, et de s’en tenir prudemmentau banal programme : « Je veux la liberté sans licence, l’ordre sans tyrannie, la paixsans honte et l’économie sans compromettre aucun service. »Comme je n’aspire nullement à surprendre votre mandat, je continuerai à vousexposer sincèrement mes pensées, dussé-je par là m’aliéner encore bien dessuffrages. Veuillez m’excuser si le besoin d’épancher des convictions qui mepressent me fait dépasser les limites que l’usage assigne aux professions de foi.J’ai vu beaucoup de conservateurs, je me suis entretenu avec beaucoup d’hommesde l’opposition, et je crois pouvoir affirmer que ni l’un ni l’autre de ces deux grandspartis qui divisent le parlement n’est satisfait de lui-même.On combat à la chambre avec des boules molles.Les conservateurs ont la majorité officielle ; ils règnent, ils ...
-
Publié par
-
Langue
Français