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LES RAISONS TECHNIQUES DE LA REEMERGENCE DE LA MALADIE DU SOMMEIL
F.J. LOUIS
Med. Trop.2001 ; 61 : 425-431
RESUME • L’épidémie de trypanosomiase humaine africaine s’est révélée si meurtrière dans les années 20 que les gouver-
nements de l’époque ont décidé une action d’envergure. C’est en donnant à Jamot les moyens d’appliquer ses idées et en lui
donnant une autonomie administrative et financière absolue que la maladie a pu commencer à être contrôlée. Après Jamot,
la lutte a continué avec acharnement et on a pu croire la question de la maladie du sommeil résolue au petit matin des indé-
pendances. Tout, ou presque tout, s’est alors progressivement arrêté et la maladie a sombré dans l’oubli et l’indifférence. Elle
a naturellement repris de la vigueur et on a eu beau jeu d’évoquer, pour justifier cette reprise, le manque d’implication des
a u t o rit és sanitaire s , la disparition des équipes compétentes, le manque d’argent et d’hommes, e t c. Tout cela est vra i , mais ri e n
n’est aussi simple. Il fa u d rait ajouter l’impossibilité de confier la gestion de la maladie aux agents de santé pri m a i re et, en coro l-
l a i re, les difficultés du diagnostic cl i n i q u e,les fa i blesses du diagnostic séro l ogi q u e, la misère du diagnostic para s i t o l ogi q u e, l ’ i n-
capacité à mener une lutte antivectorielle à grande échelle, l’indigence des moyens thérapeutiques, l’irrationnalité d’un vac-
cin. Quand tout va mal à ce point, la réémergence d’une maladie est ...
F.J. LOUIS
Med. Trop.2001 ; 61 : 425-431
RESUME • L’épidémie de trypanosomiase humaine africaine s’est révélée si meurtrière dans les années 20 que les gouver-
nements de l’époque ont décidé une action d’envergure. C’est en donnant à Jamot les moyens d’appliquer ses idées et en lui
donnant une autonomie administrative et financière absolue que la maladie a pu commencer à être contrôlée. Après Jamot,
la lutte a continué avec acharnement et on a pu croire la question de la maladie du sommeil résolue au petit matin des indé-
pendances. Tout, ou presque tout, s’est alors progressivement arrêté et la maladie a sombré dans l’oubli et l’indifférence. Elle
a naturellement repris de la vigueur et on a eu beau jeu d’évoquer, pour justifier cette reprise, le manque d’implication des
a u t o rit és sanitaire s , la disparition des équipes compétentes, le manque d’argent et d’hommes, e t c. Tout cela est vra i , mais ri e n
n’est aussi simple. Il fa u d rait ajouter l’impossibilité de confier la gestion de la maladie aux agents de santé pri m a i re et, en coro l-
l a i re, les difficultés du diagnostic cl i n i q u e,les fa i blesses du diagnostic séro l ogi q u e, la misère du diagnostic para s i t o l ogi q u e, l ’ i n-
capacité à mener une lutte antivectorielle à grande échelle, l’indigence des moyens thérapeutiques, l’irrationnalité d’un vac-
cin. Quand tout va mal à ce point, la réémergence d’une maladie est ...
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