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8
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Français
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Description
Vie de Plotin
Porphyre de Tyr
M. de Burigny, Paris, de Bure, 1747
Le philosophe Plotin qui a vécu de nos jours, paraissait honteux d'avoir un corps.
Aussi ne parlait-il jamais ni de sa famille, ni de sa patrie ; et il ne voulut pas souffrir
qu'on fit ni son portrait, ni son buste. Un jour qu'Amélius le priait de se laisser
peindre, n'est-ce pas assez, lui dit-il, de porter cette figure dans laquelle la nature
nous a renfermés, sans en transmettre la ressemblance à la postérité, de même
que quelque chose qui en vaudrait la peine ? Comme il persistait toujours à lui
refuser cette marque de complaisance, Amélius pria Cartérius le plus fameux
peintre de ce temps-là, d'aller à l'auditoire de Plotin ; car y allait qui voulait ; à force
de le regarder, il se remplit tellement l'imagination de sa figure, qu'il le peignit de
mémoire. Amélius le dirigeait; en sorte que le portrait fut très ressemblant. Tout cela
se passa sans que Plotin en eût connaissance.
II. Il était fort sujet à la colique : cependant il ne voulut jamais prendre de remède,
persuadé qu'il était indigne d'un homme grave, de se soulager par ce moyen. Il ne
prit jamais de thériaque, parce que, disait-il, il ne voulait point se nourrir de la chair
d'aucun animal familier. Il ne se baignait point : il se contentait de se faire frotter
tous les jours chez lui. Ceux qui lui rendaient ce service étant morts de la peste, il
cessa de se faire frotter ; et cette interruption lui procura de grands maux de gorge
dont on ne ...
Porphyre de Tyr
M. de Burigny, Paris, de Bure, 1747
Le philosophe Plotin qui a vécu de nos jours, paraissait honteux d'avoir un corps.
Aussi ne parlait-il jamais ni de sa famille, ni de sa patrie ; et il ne voulut pas souffrir
qu'on fit ni son portrait, ni son buste. Un jour qu'Amélius le priait de se laisser
peindre, n'est-ce pas assez, lui dit-il, de porter cette figure dans laquelle la nature
nous a renfermés, sans en transmettre la ressemblance à la postérité, de même
que quelque chose qui en vaudrait la peine ? Comme il persistait toujours à lui
refuser cette marque de complaisance, Amélius pria Cartérius le plus fameux
peintre de ce temps-là, d'aller à l'auditoire de Plotin ; car y allait qui voulait ; à force
de le regarder, il se remplit tellement l'imagination de sa figure, qu'il le peignit de
mémoire. Amélius le dirigeait; en sorte que le portrait fut très ressemblant. Tout cela
se passa sans que Plotin en eût connaissance.
II. Il était fort sujet à la colique : cependant il ne voulut jamais prendre de remède,
persuadé qu'il était indigne d'un homme grave, de se soulager par ce moyen. Il ne
prit jamais de thériaque, parce que, disait-il, il ne voulait point se nourrir de la chair
d'aucun animal familier. Il ne se baignait point : il se contentait de se faire frotter
tous les jours chez lui. Ceux qui lui rendaient ce service étant morts de la peste, il
cessa de se faire frotter ; et cette interruption lui procura de grands maux de gorge
dont on ne ...
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