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« Apprendre à voir, apprendre à regarder »
Les deux conceptions de l’apprentissage sensoriel chez Condillac
Marion Chottin
Introduction
Condillac présente explicitement son Traité des sensations, qui paraît
en 1754, comme une réécriture amendée des passages de l’Essai (1746) qui
traitent de la sensation : « J’étais dans ces préjugés, lorsque je publiai mon
1
Essai sur l’origine des connaissances humaines » . L’abbé estime s’être
trompé dans ce premier texte, où il s’opposait alors à son maître John Locke
sur le problème de Molyneux. Quelle est cette erreur, dont la correction
nécessita l’écriture d’un ouvrage cette fois entièrement consacré à la
question des sensations ? Il s’agit de la thèse selon laquelle « l’œil juge
2
naturellement des figures, des grandeurs, des situations et des distances » ;
affirmation dont Condillac établit la démonstration dans la section sixième
de la première partie de l’Essai, consacrée au problème de Molyneux. Il
entendait alors montrer, contre Locke et Berkeley, que le sens de la vue est
à même de délivrer toutes les idées de l’étendue, sans que se mêlent aux
sensations visuelles des jugements inaperçus – d’où une première réponse
positive à la question du savant irlandais. Contre cette naturalité de l’usage
des sens, l’abbé s’attache dans son nouvel ouvrage à asseoir la nécessité de
l’apprentissage sensoriel :
Dire que nous avons appris à voir, à entendre, à ...
« Apprendre à voir, apprendre à regarder »
Les deux conceptions de l’apprentissage sensoriel chez Condillac
Marion Chottin
Introduction
Condillac présente explicitement son Traité des sensations, qui paraît
en 1754, comme une réécriture amendée des passages de l’Essai (1746) qui
traitent de la sensation : « J’étais dans ces préjugés, lorsque je publiai mon
1
Essai sur l’origine des connaissances humaines » . L’abbé estime s’être
trompé dans ce premier texte, où il s’opposait alors à son maître John Locke
sur le problème de Molyneux. Quelle est cette erreur, dont la correction
nécessita l’écriture d’un ouvrage cette fois entièrement consacré à la
question des sensations ? Il s’agit de la thèse selon laquelle « l’œil juge
2
naturellement des figures, des grandeurs, des situations et des distances » ;
affirmation dont Condillac établit la démonstration dans la section sixième
de la première partie de l’Essai, consacrée au problème de Molyneux. Il
entendait alors montrer, contre Locke et Berkeley, que le sens de la vue est
à même de délivrer toutes les idées de l’étendue, sans que se mêlent aux
sensations visuelles des jugements inaperçus – d’où une première réponse
positive à la question du savant irlandais. Contre cette naturalité de l’usage
des sens, l’abbé s’attache dans son nouvel ouvrage à asseoir la nécessité de
l’apprentissage sensoriel :
Dire que nous avons appris à voir, à entendre, à ...
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