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Français
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Les salaires sont rigides s'ils varient « moins qu'ils ne devraient », parce que des mécanismes économiques, des attitudes psychologiques ou des contraintes institutionnelles font obstacle à leur ajustement, en particulier à la baisse. Les tests empiriques de rigidités à la baisse sont fragiles. Ils reposent sur des hypothèses ad hoc portant sur la forme qu'aurait la distribution des variations de salaires en l'absence de rigidités salariales. Sous les hypothèses standard, une proportion importante de variations nulles des salaires, associée à une faible proportion de baisses, est interprétée comme signalant l'existence de rigidités. L'analyse menée pour la France à partir de quatre sources d'information sur les salariés à temps complet du secteur marchand suggère que l'application de ces tests à des données d'enquêtes auprès des ménages conduit à une forte surestimation de la rigidité des salaires. À partir de sources réputées fiables, on montre que les salaires sont très variables en France à la fin des années 1990. Chaque année, 20 à 30 % des salariés voient leur rémunération baisser. Les variations nulles d'une année sur l'autre sont rares. En revanche, les variations du salaire de base, qui n'incorpore pas les primes, présentent des caractéristiques compatibles avec la présence de rigidités. La variabilité des salaires serait ainsi pour partie due à celle des primes. L'analyse suggère une autre forme de rigidités salariales, qui prend la forme d'un ajustement partiel des salaires aux chocs de productivité touchant les entreprises, ajustement plus marqué en cas de choc positif qu'en cas de choc négatif.
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Français