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>Pierrot posthumeARLEQUINADE EN UN ACTEThéophile GautierEn collaboration avec Paul Siraudin1847PERSONNAGESArlequinPierrotLe DocteurColombineLe théâtre représente une rue. — Au fond, en face du public,la maison d’Arlequin ; à droite, celle du docteur ; à gauche,celle de Colombine.Scène 1Arlequin, ColombineArlequin. Colombine, un mot !Colombine. Non !Arlequin. Demeurez.Colombine. Point.Arlequin. De grâce !J’ai là certain cadeau qu’il faut que je vous fasse.Colombine.Un cadeau ? Je m’arrête. — Est-ce une chaîne d’or ?Une bague ? une montre ? Y suis-je ?Arlequin. Pas encor.Colombine.Une pièce bien lourde en bonne argenterie ?Un nœud de diamants ?Arlequin. Fi ! ma galanterieNe s’en va pas donner dans ces luxes grossiers,Bon pour les parvenus et pour les financiers !Je me garderais bien d’humilier les femmesPar l’insultant excès de ces présents infâmes ;Cardans tous les pays, chez les plus gens de goût,On dit qu’en ces régals c’est le choix qui fait tout.Colombine.Vous me faites languir ; dépêchez, voyons, qu’est-ce ?Arlequin.Regardez, s’il vous plaît, cette petite caisse.Colombine.Cette caisse ?Arlequin.Oui.Colombine. Grands dieux ! que vois-je ? une souris !Certes, le don est rare et d’un merveilleux prix !Arlequin.Très-rare ; une souris plus blanche qu’une hermine,Gaie, alerte, l’œil vif comme une Colombine :La femme est une chatte, et sa griffe nous tient ;Une souris est donc un présent qui convient.Colombine.Un ...
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