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LES DEUX AUBERGES.C’était en revenant de Nîmes, une après-midi de juillet. Il faisait une chaleuraccablante. À perte de vue, la route blanche, embrasée, poudroyait entre les jardinsd’oliviers et de petits chênes, sous un grand soleil d’argent mat qui remplissait toutle ciel. Pas une tache d’ombre, pas un souffle de vent. Rien que la vibration de l’airchaud et le cri strident des cigales, musique folle, assourdissante, à temps pressés,qui semble la sonorité même de cette immense vibration lumineuse… Je marchaisen plein désert depuis deux heures, quand tout à coup, devant moi, un groupe demaisons blanches se dégagea de la poussière de la route. C’était ce qu’on appellele relais de Saint-Vincent : cinq ou six m a s, de longues granges à toiture rouge, unabreuvoir sans eau dans un bouquet de figuiers maigres, et, tout au bout du pays,deux grandes auberges qui se regardent face à face de chaque côté du chemin.Le voisinage de ces auberges avait quelque chose de saisissant. D’un côté, ungrand bâtiment neuf, plein de vie, d’animation, toutes les portes ouvertes, ladiligence arrêtée devant, les chevaux fumants qu’on dételait, les voyageursdescendus buvant à la hâte sur la route dans l’ombre courte des murs ; la courencombrée de mulets, de charrettes ; des rouliers couchés sous les hangars enattendant la f r a î c h e. À l’intérieur, des cris, des jurons, des coups de poing sur lestables, le choc des verres, le fracas des billards, les bouchons de limonades ...
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Français