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Français
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Description
[1]Deux lettres à M. le comte Arrivabene
Frédéric Bastiat
Sommaire
1 Lettre du 21 décembre 1848 (Paris)
2 Lettre du 28 octobre 1850 (Pise)
Lettre du 21 décembre 1848 (Paris)
Mon cher Monsieur,
Le doute que vous m’exprimez est bien naturel. Il est possible que, forçant un peu
les termes, je sois allé au delà de ma pensée. Les mots : par anticipation insérés
dans le passage que vous rapportez vous annoncent que j’ai l’intention de traiter la
question à fond. Dans un prochain article je parlerai de l’échange, ensuite
j’exposerai ce que j’ai la hardiesse d’appeler ma théorie de la valeur. Je vous prie
de vouloir bien suspendre jusqu’alors votre jugement. Vous ne devez pas douter
qu’après cela j’accueillerai vos observations avec reconnaissance, car elles me
mettront à même ou de mieux expliquer ou de rectifier, selon l’occasion.
Vous reconnaîtrez, j’espère, que ce qui paraît nous diviser n’est pas très sérieux. Je
crois que la valeur est dans les services échangés et non dans les choses.
Matériaux et forces matérielles sont fournis gratuitement par la nature, et passent
gratuitement de main en main. Mais je ne dis pas que deux travaux, considérés
comme égaux en intensité et durée, soient également rémunérés. Celui qui est
placé de manière à rendre un service plus précieux à cause des matériaux ou des
forces dont il dispose, se fait mieux rétribuer ; son travail est plus intelligent, plus
heureux si vous voulez, mais la valeur est dans ce travail et non dans les choses. ...
Frédéric Bastiat
Sommaire
1 Lettre du 21 décembre 1848 (Paris)
2 Lettre du 28 octobre 1850 (Pise)
Lettre du 21 décembre 1848 (Paris)
Mon cher Monsieur,
Le doute que vous m’exprimez est bien naturel. Il est possible que, forçant un peu
les termes, je sois allé au delà de ma pensée. Les mots : par anticipation insérés
dans le passage que vous rapportez vous annoncent que j’ai l’intention de traiter la
question à fond. Dans un prochain article je parlerai de l’échange, ensuite
j’exposerai ce que j’ai la hardiesse d’appeler ma théorie de la valeur. Je vous prie
de vouloir bien suspendre jusqu’alors votre jugement. Vous ne devez pas douter
qu’après cela j’accueillerai vos observations avec reconnaissance, car elles me
mettront à même ou de mieux expliquer ou de rectifier, selon l’occasion.
Vous reconnaîtrez, j’espère, que ce qui paraît nous diviser n’est pas très sérieux. Je
crois que la valeur est dans les services échangés et non dans les choses.
Matériaux et forces matérielles sont fournis gratuitement par la nature, et passent
gratuitement de main en main. Mais je ne dis pas que deux travaux, considérés
comme égaux en intensité et durée, soient également rémunérés. Celui qui est
placé de manière à rendre un service plus précieux à cause des matériaux ou des
forces dont il dispose, se fait mieux rétribuer ; son travail est plus intelligent, plus
heureux si vous voulez, mais la valeur est dans ce travail et non dans les choses. ...
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