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Lettre à M. George Wilson, président de l’Anti-Corn
[1]Laws League
Frédéric Bastiat
Paris, 15 janvier 1849
Monsieur,
Veuillez exprimer à votre Comité toute ma reconnaissance pour l’invitation flatteuse
que vous m’adressez en son nom.
Il m’eût été bien doux de m’y rendre : car, monsieur, je le dis hautement, il ne s’est
rien accompli de plus grand dans le monde, à mon avis, que cette réforme que vous
vous apprêtez à célébrer. J’éprouve l’admiration la plus profonde pour les hommes
que j’eusse rencontrés à ce banquet, pour les George Wilson, les Villiers, les
Bright, les Cobden, les Thompson et tant d’autres qui ont réalisé le triomphe de la
liberté commerciale, ou plutôt, donné à cette grande cause une première et
décisive impulsion. Je ne sais ce que j’admire le plus de la grandeur du but que
vous avez poursuivi ou de la moralité des moyens que vous avez mis en œuvre.
Mon esprit hésite quand il compare le bien direct que vous avez fait au bien indirect
que vous avez préparé ; quand il cherche à apprécier, d’un côté, la réforme même
que vous avez opérée, et, de l’autre, l’art de poursuivre légalement et pacifiquement
toutes les réformes, art précieux dont vous avez donné la théorie et le modèle.
Autant que qui que ce soit au monde, j’apprécie les bienfaits de la liberté
commerciale, et cependant je ne puis borner à ce point de vue les espérances que
l’humanité doit fonder sur le triomphe de votre agitation.
Vous n’avez pu démontrer le droit d’échanger sans discuter et ...
[1]Laws League
Frédéric Bastiat
Paris, 15 janvier 1849
Monsieur,
Veuillez exprimer à votre Comité toute ma reconnaissance pour l’invitation flatteuse
que vous m’adressez en son nom.
Il m’eût été bien doux de m’y rendre : car, monsieur, je le dis hautement, il ne s’est
rien accompli de plus grand dans le monde, à mon avis, que cette réforme que vous
vous apprêtez à célébrer. J’éprouve l’admiration la plus profonde pour les hommes
que j’eusse rencontrés à ce banquet, pour les George Wilson, les Villiers, les
Bright, les Cobden, les Thompson et tant d’autres qui ont réalisé le triomphe de la
liberté commerciale, ou plutôt, donné à cette grande cause une première et
décisive impulsion. Je ne sais ce que j’admire le plus de la grandeur du but que
vous avez poursuivi ou de la moralité des moyens que vous avez mis en œuvre.
Mon esprit hésite quand il compare le bien direct que vous avez fait au bien indirect
que vous avez préparé ; quand il cherche à apprécier, d’un côté, la réforme même
que vous avez opérée, et, de l’autre, l’art de poursuivre légalement et pacifiquement
toutes les réformes, art précieux dont vous avez donné la théorie et le modèle.
Autant que qui que ce soit au monde, j’apprécie les bienfaits de la liberté
commerciale, et cependant je ne puis borner à ce point de vue les espérances que
l’humanité doit fonder sur le triomphe de votre agitation.
Vous n’avez pu démontrer le droit d’échanger sans discuter et ...
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