-
2
pages
-
Français
-
Documents
-
2013
Description
Quand j’me suis réveillé, assis sur une chaise dure et froide, les mains attachées après le dossier, les poignets exsangues et la tête dans un sac plastique avec un pauv’ trou pour respirer péniblement, j’me suis rappelé que j’avais pourtant d’jà juré mille fois qu’j’arrêtais de jouer avec le feu. J’flippais un peu et j’commençais à m’dire que je devais plus en avoir pour très longtemps. Marrant comme l’approche de la mort t’ouvre des accès à la poésie. Je revoyais Mila, son corps doux et souple lorsqu’elle s’étirait le matin sous mes doigts. Le bleu de ses yeux dans lesquels je m’étais perdu tant de fois jusqu’à la perdre définitivement. Ses cheveux, son sourire, ses mains… J’me disais, la bouche un peu sèche et des gouttes de sueur sur tout le visage, que je l’avais pas assez aimée Mila. Qu’on n’aime jamais assez les gens quand il est temps. Pourquoi faut-il que ce soit toujours trop tard qu’on s’met à comprendre le sens de la vie ? - Alors espèce de p’tit fiotte, on rêvasse ou quoi ? Tu t’crois où là ? Aux Bahamas ? BLANG ! Ça fait à peu près ça le retour à la réalité, à la vie : BLANG ! Rapide, propre, direct. - Ve quoi on causse ? Fou zêtes qui ? - Qu’est-ce qu’elle dit Madonna ? - Vesque j’vous là ? Un grand black, gaulé comme un taureau me retire ce putain de sac plastique. - Ah… Putain, mais t’es qui toi bordel !
-
Publié par
-
Publié le
12 décembre 2013
-
Licence :
Paternité, partage des conditions initiales à l'identique -
Langue
Français