-
7
pages
-
Français
-
Documents
Description
Mateo FalconeProsper MériméeEn sortant de Porto-Vecchio et se dirigeant au nord-ouest, vers l'intérieur de l'île, onvoit le terrain s'élever assez rapidement, et après trois heures de marche par dessentiers tortueux, obstrués par de gros quartiers de rocs, et quelquefois coupés pardes ravins, on se trouve sur le bord d'un maquis très étendu. Le maquis est la patriedes bergers corses et de quiconque s'est brouillé avec la justice. Il faut savoir que lelaboureur corse, pour s'épargner la peine de fumer son champ, met le feu à unecertaine étendue de bois : tant pis si la flamme se répand plus loin que besoinn'est ; arrive que pourra ; on est sûr d'avoir une bonne récolte en semant sur cetteterre fertilisée par les cendres des arbres qu'elle portait.Les épis enlevés, car on laisse la paille, qui donnerait de la peine à recueillir lesracines qui sont, restées en terre sans se consumer poussent au printemps suivant,des cépées très épaisses qui, en peu d'années, parviennent à une hauteur de septou huit pieds. C'est cette manière de taillis fourré que l'on nomme maquis.Différentes espèces d'arbres et d'arbrisseaux le composent, mêlés et confonduscomme il plaît à Dieu. Ce n'est que la hache à la main que l'homme s'y ouvrirait unpassage, et l'on voit des maquis si épais et si touffus, que les mouflons eux-mêmesne peuvent y pénétrer. Si vous avez tué un homme, allez dans le maquis de Porto-Vecchio, et vous y vivrez en sûreté, avec un bon fusil, de la poudre et ...
-
Publié par
-
Langue
Français