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Le Madgyar et le tailleurArmand Silvestre(Histoires belles et honnestes)1883Au peintre Léon FauréICe n’est pas de ce côté-ci seulement des Alpes que M. Dimanche est quelquefoisberné par les fils de famille. Peut-être même n’est-ce plus que de l’autre côté. Car ilme semble que nous avons contracté des mœurs tout à fait impertinentes pour lesouvenir de nos aïeux, les joyeux « débiteurs et emprunteurs » comme les nommaitmon maître Rabelais. Non pas que la malhonnêteté ait cessé de fleurir dans notreglorieux pays, mais ce n’est plus guère au détriment des marchands de culottes etautres menus fournisseurs qu’elle s’exerce. Voler le fretin est vraiment affaire depetites gens et nous faisons plus grand que cela. Parlez-moi des immensesentreprises où l’on ruine un cent de familles entre ses deux repas. Voilà qui estautrement louable que de faire courir un pauvre commerçant après son argent. Ledoux Panurge a fait place à Mercadet. Moi, je regrette le doux Panurge. Mais ilparaît qu’il n’en est pas encore ainsi sur toute la surface du globe, et qu’en Hongrie,par exemple, il est encore de bon ton de solder le plus longtemps possible sescomptes en belle monnaie de singe. Ainsi faisait le prince Ladislas Capador, undes plus nobles hommes de Pesth et des plus élégants, et qui, au commencementde l’hiver qui finit, devait à son tailleur, le juif Mathias Truc, quatre ou cinq annéespleines de coûteuses fournitures, ce qui n’est pas un mérite infime, car tout lemonde ...
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