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5
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Français
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Description
Guy de Maupassant
Contes du jour et de la nuit
C. Marpon et E. Flammarion, 1885 (pp. 115-132).
Un tiède soleil d’automne tombait dans la cour de ferme, par-dessus les grands
hêtres des fossés. Sous le gazon tondu parles vaches, la terre, imprégnée de pluie
récente, était moite, enfonçait sous les pieds avec un bruit d’eau ; et les pommiers
chargés de pommes semaient leurs fruits d’un vert pâle, dans le vert foncé de
l’herbage.
Quatre jeunes génisses paissaient, attachées en ligne, et meuglaient par moments
vers la maison ; les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant
l’étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient
sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules, qu’ils appelaient d’un
gloussement vif.
La barrière de bois s’ouvrit ; un homme entra, âgé de quarante ans peut-être, mais
qui semblait vieux de soixante, ridé, tortu, marchant à grands pas lents, alourdis par
le poids de lourds sabots pleins de paille. Ses bras trop longs pendaient des deux
côtés du corps. Quand il approcha de la ferme, un roquet jaune, attaché au pied
d’un énorme poirier, à côté d’un baril qui lui servait de niche, remua la queue, puis
se mit à japper en signe de joie. L’homme cria :
— À bas, Finot !
Le chien se tut.
Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait
sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait
jusqu’à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, ...
Contes du jour et de la nuit
C. Marpon et E. Flammarion, 1885 (pp. 115-132).
Un tiède soleil d’automne tombait dans la cour de ferme, par-dessus les grands
hêtres des fossés. Sous le gazon tondu parles vaches, la terre, imprégnée de pluie
récente, était moite, enfonçait sous les pieds avec un bruit d’eau ; et les pommiers
chargés de pommes semaient leurs fruits d’un vert pâle, dans le vert foncé de
l’herbage.
Quatre jeunes génisses paissaient, attachées en ligne, et meuglaient par moments
vers la maison ; les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant
l’étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient
sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules, qu’ils appelaient d’un
gloussement vif.
La barrière de bois s’ouvrit ; un homme entra, âgé de quarante ans peut-être, mais
qui semblait vieux de soixante, ridé, tortu, marchant à grands pas lents, alourdis par
le poids de lourds sabots pleins de paille. Ses bras trop longs pendaient des deux
côtés du corps. Quand il approcha de la ferme, un roquet jaune, attaché au pied
d’un énorme poirier, à côté d’un baril qui lui servait de niche, remua la queue, puis
se mit à japper en signe de joie. L’homme cria :
— À bas, Finot !
Le chien se tut.
Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait
sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait
jusqu’à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, ...
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