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Français
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Anatole FranceL’Étui de nacreCalmann-Lévy, 1899 (pp. 161-176).À Marcel Schwob.Le docteur H***, récemment décédé à Servigny (Aisne), où il exerçait depuis plusde quarante ans la médecine, a laissé un journal qu’il ne destinait pas à lapublicité. Je n’oserais point publier le manuscrit intégralement, ni même en donnerdes fragments de quelque étendue, bien que beaucoup de personnes pensentaujourd’hui, avec M. Taine, qu’il convient surtout d’imprimer ce qui n’a pas été faitpour l’impression. Pour dire des choses intéressantes, il ne suffit pas, quoi qu’ondise, de n’être pas un écrivain. Le mémorial de mon médecin ennuierait par sarusticité monotone. Pourtant, l’homme qui l’écrivit avait, dans une humble condition,un esprit peu ordinaire. Ce médecin de village était un médecin philosophe. On lirapeut-être sans trop de déplaisir les dernières pages de son journal. Je prends laliberté de les transcrire ici :Extrait du Journal de feu M. H***,médecin à Servigny (Aisne).« C’est une vérité philosophique que rien au monde n’est absolument mauvais etrien absolument bon. La plus douce, la plus naturelle, la plus utile des vertus, la pitié,n’est pas toujours bonne pour le soldat ni pour le prêtre ; elle doit, chez l’un et chezl’autre, se taire devant l’ennemi. On ne voit pas que les officiers la recommandentavant le combat, et j’ai lu dans un vieux livre que M. Nicole la redoutait comme leprincipe de la concupiscence. Je ne suis pas prêtre, je suis soldat encore ...
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Français