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3
pages
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Français
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Description
Guy de Valmont
Le Donneur d’eau bénite
10 novembre 1877 in La Mosaïque
LE
DONNEUR D’EAU BÉNITE.
Il habitait autrefois une petite maison, près d’une grande route, à l’entrée d’un
village. Il s’était établi charron après avoir épousé la fille d’un fermier du pays, et
comme ils travaillaient beaucoup tous les deux, ils amassèrent une petite fortune.
Seulement ils n’avaient pas d’enfants, ce qui les chagrinait énormément. Enfin un
fils leur vint ; ils l’appelèrent Jean, et ils le caressaient l’un après l’autre,
l’enveloppant de leur amour, le chérissant tellement qu’ils ne pouvaient rester une
heure sans le regarder.
Comme il avait cinq ans, des saltimbanques passèrent dans le pays et établirent
une baraque sur la place de la Mairie.
Jean, qui les avait vus, s’échappa de la maison, et son père, après l’avoir cherché
bien longtemps, le retrouva au milieu des chèvres savantes et des chiens faiseurs
de tours, qui poussait de grands éclats de rire sur les genoux d’un vieux paillasse.
Trois jours après, à l’heure du dîner, au moment de se mettre à table, le charron et
sa femme s’aperçurent que leur fils n’était plus dans la maison. Ils le cherchèrent
dans leur jardin, et comme ils ne le trouvaient pas, le père, sur le bord de la route,
cria de toute sa force : « Jean ! » — La nuit venait ; l’horizon s’emplissait d’une
vapeur brune qui reculait les objets dans un lointain sombre et effrayant. Trois
grands sapins, tout près de là, semblaient pleurer. Aucune voix ne répondit ; mais ...
Le Donneur d’eau bénite
10 novembre 1877 in La Mosaïque
LE
DONNEUR D’EAU BÉNITE.
Il habitait autrefois une petite maison, près d’une grande route, à l’entrée d’un
village. Il s’était établi charron après avoir épousé la fille d’un fermier du pays, et
comme ils travaillaient beaucoup tous les deux, ils amassèrent une petite fortune.
Seulement ils n’avaient pas d’enfants, ce qui les chagrinait énormément. Enfin un
fils leur vint ; ils l’appelèrent Jean, et ils le caressaient l’un après l’autre,
l’enveloppant de leur amour, le chérissant tellement qu’ils ne pouvaient rester une
heure sans le regarder.
Comme il avait cinq ans, des saltimbanques passèrent dans le pays et établirent
une baraque sur la place de la Mairie.
Jean, qui les avait vus, s’échappa de la maison, et son père, après l’avoir cherché
bien longtemps, le retrouva au milieu des chèvres savantes et des chiens faiseurs
de tours, qui poussait de grands éclats de rire sur les genoux d’un vieux paillasse.
Trois jours après, à l’heure du dîner, au moment de se mettre à table, le charron et
sa femme s’aperçurent que leur fils n’était plus dans la maison. Ils le cherchèrent
dans leur jardin, et comme ils ne le trouvaient pas, le père, sur le bord de la route,
cria de toute sa force : « Jean ! » — La nuit venait ; l’horizon s’emplissait d’une
vapeur brune qui reculait les objets dans un lointain sombre et effrayant. Trois
grands sapins, tout près de là, semblaient pleurer. Aucune voix ne répondit ; mais ...
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