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Les Sœurs RondoliGuy de MaupassantLa PatronneerGil Blas, 1 avril 1884LA PATRONNEAu docteur Baraduc:J'habitais alors, dit Georges Kervelen, une maison meublée, rue des Saints-Pères.Quand mes parents décidèrent que j'irais faire mon droit à Paris, de longues discussions eurent lieu pour régler toutes choses. Lechiffre de ma pension avait été fixé à deux mille cinq cents francs, mais ma pauvre mère fut prise d’une peur qu'elle exposa à monpère : « S'il allait dépenser mal tout son argent et ne pas prendre une nourriture suffisante, sa santé en souffrirait beaucoup. Cesjeunes gens sont capables de tout. »Alors, il fut décidé qu’on me chercherait une pension, une pension modeste et confortable, et que ma famille en payerait directementle prix, chaque mois.Je n’avais jamais quitté Quimper. Je désirais tout ce qu'on désire à mon âge et j'étais disposé à vivre joyeusement, de toutes lesfaçons.meDes voisins, à qui on demanda conseil, indiquèrent une compatriote, M Kergaran, qui prenait des pensionnaires. Mon père donctraita par lettres avec cette personne respectable, chez qui j’arrivai, un soir, accompagné d’une malle.meM Kergaran avait quarante ans environ. Elle était forte, très forte, parlait d`une voix de capitaine instructeur et décidait toutes lesquestions d’un mot net et définitif. Sa demeure, tout étroite, n'ayant qu’une seule ouverture sur la rue, à chaque étage, avait l’air d`uneéchelle de fenêtres, ou bien encore d’une tranche de maison en sandwich ...
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Français