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La Fille aux yeux d’orBalzac1835CHAPITRE I — PHYSIONOMIES PARISIENNESUn des spectacles où se rencontre le plus d’épouvantement est certes l’aspectgénéral de la population parisienne, peuple horrible à voir, hâve, jaune, tanné. Parisn’est-il pas un vaste champ incessamment remué par une tempête d’intérêts souslaquelle tourbillonne une moisson d’hommes que la mort fauche plus souventqu’ailleurs et qui renaissent toujours aussi serrés, dont les visages contournés,tordus, rendent par tous les pores l’esprit, les désirs, les poisons dont sontengrossés leurs cerveaux ; non pas des visages, mais bien des masques :masques de faiblesse, masques de force, masques de misère, masques de joie,masques d’hypocrisie ; tous exténués, tous empreints des signes ineffaçablesd’une haletante avidité ? Que veulent-ils ? De l’or, ou du plaisir ?Quelques observations sur l’âme de Paris peuvent expliquer les causes de saphysionomie cadavéreuse qui n’a que deux âges, ou la jeunesse ou la caducité :jeunesse blafarde et sans couleur, caducité fardée qui veut paraître jeune. Envoyant ce peuple exhumé, les étrangers, qui ne sont pas tenus de réfléchir,éprouvent tout d’abord un mouvement de dégoût pour cette capitale, vaste atelierde jouissance, d’où bientôt eux-mêmes ils ne peuvent sortir, et restent à s’ydéformer volontiers. Peu de mots suffiront pour justifier physiologiquement la teintepresque infernale des figures parisiennes, car ce n’est pas seulement parplaisanterie que ...
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Français
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