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4
pages
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Français
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Description
Mademoiselle Fifi
Guy de Maupassant
La Bûche
Gil Blas, 17 octobre 1882
LA BÛCHE
Le salon était petit, tout enveloppé de tentures épaisses, et discrètement odorant.
Dans une cheminée large, un grand feu flambait; tandis qu’une seule lampe posée
sur le coin de la cheminée versait une lumière molle, ombrée par un abat-jour
d'ancienne dentelle, sur les deux personnes qui causaient.
Elle, la maîtresse de la maison, une vieille à cheveux blancs, mais une de ces
vieilles adorables dont la peau sans rides est lisse comme un fin papier et
mée,parfumée tout imprégnée de parfums, pénétrée jusqu’à la chair vive par les
essences fines dont elle se baigne, depuis si longtemps, l'épiderme: une vieille qui
sent, quand on lui baise la main, l’odeur légère qui vous saute à l’odorat lorsqu’on
ouvre une boîte de poudre d’iris florentine.
Lui était un ami d’autrefois, resté garçon, un ami de toutes les semaines, un
compagnon de voyage dans l’existence. Rien de plus d’ailleurs.
Ils avaient cessé de causer depuis une minute environ, et tous deux regardaient le
feu, rêvant à n’importe quoi, en l’un de ces silences amis des gens qui n’ont point
besoin de parler toujours pour se plaire l’un près de l’autre.
Et soudain une grosse bûche, une souche hérissée de racines enflammées, croula.
Elle bondit par-dessus les chenets, et, lancée dans le salon, roula sur le tapis en
jetant des éclats de feu tout autour d’elle. La vieille femme, avec un petit cri, se
dressa comme pour fuir, tandis que lui, à ...
Guy de Maupassant
La Bûche
Gil Blas, 17 octobre 1882
LA BÛCHE
Le salon était petit, tout enveloppé de tentures épaisses, et discrètement odorant.
Dans une cheminée large, un grand feu flambait; tandis qu’une seule lampe posée
sur le coin de la cheminée versait une lumière molle, ombrée par un abat-jour
d'ancienne dentelle, sur les deux personnes qui causaient.
Elle, la maîtresse de la maison, une vieille à cheveux blancs, mais une de ces
vieilles adorables dont la peau sans rides est lisse comme un fin papier et
mée,parfumée tout imprégnée de parfums, pénétrée jusqu’à la chair vive par les
essences fines dont elle se baigne, depuis si longtemps, l'épiderme: une vieille qui
sent, quand on lui baise la main, l’odeur légère qui vous saute à l’odorat lorsqu’on
ouvre une boîte de poudre d’iris florentine.
Lui était un ami d’autrefois, resté garçon, un ami de toutes les semaines, un
compagnon de voyage dans l’existence. Rien de plus d’ailleurs.
Ils avaient cessé de causer depuis une minute environ, et tous deux regardaient le
feu, rêvant à n’importe quoi, en l’un de ces silences amis des gens qui n’ont point
besoin de parler toujours pour se plaire l’un près de l’autre.
Et soudain une grosse bûche, une souche hérissée de racines enflammées, croula.
Elle bondit par-dessus les chenets, et, lancée dans le salon, roula sur le tapis en
jetant des éclats de feu tout autour d’elle. La vieille femme, avec un petit cri, se
dressa comme pour fuir, tandis que lui, à ...
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