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Le Rosier de Madame HussonGuy de MaupassantLa BaronneGil Blas, 17 mai 1887– Tu pourras voir là des bibelots intéressants, me dit mon ami Boisrené, viens avecmoi.Il m’emmena donc au premier étage d’une belle maison, dans une grande rue deParis. Nous fûmes reçus par un homme fort bien, de manières parfaites, qui nouspromena de pièce en pièce en nous montrant des objets rares dont il disait le prixavec négligence. Les grosses sommes, dix, vingt, trente, cinquante mille francs,sortaient de ses lèvres avec tant de grâce et de facilité qu’on ne pouvait douter quedes millions ne fussent enfermés dans le coffre-fort de ce marchand homme dumonde.Je le connaissais de renom depuis longtemps. Fort adroit, fort souple, fortintelligent, il servait d’intermédiaire pour toutes sortes de transactions. En relationsavec tous les amateurs les plus riches de Paris, et même de l’Europe et del’Amérique, sachant leurs goûts, leurs préférences du moment, il les prévenait parun mot ou par une dépêche, s’ils habitaient une ville lointaine, dès qu’il connaissaitun objet à vendre pouvant leur convenir.Des hommes de la meilleure société avaient eu recours à lui aux heuresd’embarras, soit pour trouver de l’argent de jeu, soit pour payer une dette, soit pourvendre un tableau, un bijou de famille, une tapisserie, voire même un cheval ou unepropriété dans les jours de crise aiguë.On prétendait qu’il ne refusait jamais ses services quand il prévoyait un espoir degain.Boisrené ...
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