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7
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Français
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Description
Petrus Borel
Champavert : contes immoraux
Eugène Renduel, 1833 (pp. 93-121).
JAQUEZ BARRAOU,
LE CHARPENTIER.
——
LA HAVANE.
Car amour est fort comme la mort,
Et jalousie est dure comme enfer.
LA BIBLE.
Je suis noire, mais je suis belle comme les tabernacles de Cédar, comme les
peaux de Salomon.
LA BIBLE.
Eh ! pourquoi cette jalousie ?…
P. L. JACOB, Bibliophile.
I. Pesadumbre y conjuracion
C’était le jour de Dieu : assez l’indiquaient le calme des campagnes, l’air jovial et le
linge blanc des esclaves qui passaient au loin sans râler sous d’énormes fardeaux,
hommes infortunés ! auxquels il ne manque plus qu’un grelot de mulet. Le soleil
dardait à l’heure de la sieste ; cependant le charpentier Jaquez Barraou, noir
membru et gigantesque, vint s’asseoir à la porte de sa case engoncée, pour ainsi
dire, dans une crique, où se trouvaient amarrées deux pinasses et une balancelle
en radoubs. Le sol était jonché çà et là de bois en grume, de billots et de madriers.
Jaquez Barraou avait encore sa chemise rayée et ses vêtements de travail ;
pourtant, lui, si religieux, n’avait point travaillé, car c’eût été péché mortel. Il était
pieds nus. Dans toute sa personne régnait un nonchaloir qui contrastait avec son
maintien énergique. Sous sa laine crépue et noire roulaient deux gros yeux blancs :
souvent, il les promenait sur la mer et sur le terroir environnant ; souvent, il les
soulevait aux cieux, puis les reportait fixement sur La Havane, sourcillant et lançant
avec mépris des ...
Champavert : contes immoraux
Eugène Renduel, 1833 (pp. 93-121).
JAQUEZ BARRAOU,
LE CHARPENTIER.
——
LA HAVANE.
Car amour est fort comme la mort,
Et jalousie est dure comme enfer.
LA BIBLE.
Je suis noire, mais je suis belle comme les tabernacles de Cédar, comme les
peaux de Salomon.
LA BIBLE.
Eh ! pourquoi cette jalousie ?…
P. L. JACOB, Bibliophile.
I. Pesadumbre y conjuracion
C’était le jour de Dieu : assez l’indiquaient le calme des campagnes, l’air jovial et le
linge blanc des esclaves qui passaient au loin sans râler sous d’énormes fardeaux,
hommes infortunés ! auxquels il ne manque plus qu’un grelot de mulet. Le soleil
dardait à l’heure de la sieste ; cependant le charpentier Jaquez Barraou, noir
membru et gigantesque, vint s’asseoir à la porte de sa case engoncée, pour ainsi
dire, dans une crique, où se trouvaient amarrées deux pinasses et une balancelle
en radoubs. Le sol était jonché çà et là de bois en grume, de billots et de madriers.
Jaquez Barraou avait encore sa chemise rayée et ses vêtements de travail ;
pourtant, lui, si religieux, n’avait point travaillé, car c’eût été péché mortel. Il était
pieds nus. Dans toute sa personne régnait un nonchaloir qui contrastait avec son
maintien énergique. Sous sa laine crépue et noire roulaient deux gros yeux blancs :
souvent, il les promenait sur la mer et sur le terroir environnant ; souvent, il les
soulevait aux cieux, puis les reportait fixement sur La Havane, sourcillant et lançant
avec mépris des ...
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Français