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Guy de MaupassantContes du jour et de la nuitC. Marpon et E. Flammarion, 1885 (pp. 297-308).Un grand vent soufflait au dehors, un vent d’automne mugissant et galopant, un deces vents qui tuent les dernières feuilles et les emportent jusqu’aux nuages.Les chasseurs achevaient leur dîner, encore bottés, rouges, animés, allumés.C’étaient de ces demi-seigneurs normands, mi-hobereaux, mi-paysans, riches etvigoureux, taillés pour casser les cornes des bœufs lorsqu’ils les arrêtent dans lesfoires.Ils avaient chassé tout le jour sur les terres de maître Blondel, le maire d’Éparville, etils mangeaient maintenant autour de la grande table, dans l’espèce de ferme-château dont était propriétaire leur hôte.Ils parlaient comme on hurle, riaient comme rugissent les fauves, et buvaientcomme des citernes, les jambes allongées, les coudes sur la nappe, les yeuxluisants sous la flamme des lampes, chauffés par un foyer formidable qui jetait auplafond des lueurs sanglantes ; ils causaient de chasse et de chiens. Mais ilsétaient, à l’heure où d’autres idées viennent aux hommes, à moitié gris, et toussuivaient de l’œil une forte fille aux joues rebondies qui portait au bout de sespoings rouges les larges plats chargés de nourritures.Soudain un grand diable qui était devenu vétérinaire après avoir étudié pour êtreprêtre, et qui soignait toutes les bêtes de l’arrondissement, M. Séjour, s’écria :— Crébleu, maît’ Blondel, vous avez là une bobonne qui n’est pas piquée des vers. ...
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Français